VIDEO. Une vie de Clodette: Julie Calvet, les anecdotes de quatre années au côté de Cloclo

TEMOIGNAGE Claude François est décédé il y a quarante ans, le 11 mars 1978. Julie Calvet, qui fut l’une de ses 30 « Clodettes », témoigne de quatre années passées au côté du chanteur populaire…

Jérôme Diesnis

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Julie Calvet, Clodette de 1975 à 1978, en compagnie de Christian Masi, collectionneur de souvenirs se référant ou ayant appartenu à Claude François... sous le regard de Cloclo
Julie Calvet, Clodette de 1975 à 1978, en compagnie de Christian Masi, collectionneur de souvenirs se référant ou ayant appartenu à Claude François... sous le regard de Cloclo — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

« Je me souviens de chacune de ces photos. » A Montpellier, où elle réside désormais, le temps rattrape Julie Calvet dans le musée de son ami Christian Masi, en hommage à Claude François. Pendant quatre ans, et jusqu’à sa mort le 11 mars 1978, elle fut l‘une des Clodettes. C’était elle, la grande blonde aux yeux d’un bleu profond, coupe au carré de l’époque, dont la présence sur scène était électrisante…

De 1966 jusqu’à sa mort, dont on célèbre les quarante ans ce 11 mars, 30 danseuses se sont successivement produites sur scène au côté de Claude François. Julie Calvet, que Cloclo avait choisie lui-même en 1975 après l’avoir croisée par hasard, parle avec bonheur de « ces quatre belles années qui ont peut-être compté double ou triple, tellement c’était intense. Mais c’est un très bon souvenir, explique-t-elle. Claude était un mec génial. C’est vrai, il avait son caractère. Il gueulait quand il n’était pas content, mais il était vivant. Il n’était pas dur, il était perfectionniste. C’était un mec bien, qui aimait la vie. Et qui prenait énormément soin de ses Clodettes. Je ne comprendrai jamais les gens qui tentent de le salir pour faire du buzz. »

La semaine de travail de quarante heures, Cloclo ne connaissait pas. Ni pour lui, ni pour les filles. « On répétait, lui, il arrivait du studio. A n’importe quelle heure. Il fallait l’attendre parce qu’il voulait valider ce qu’on avait fait. Il nous disait en arrivant : "Vous avez vu mon pantalon ? Vous en pensez quoi ?" C’était un gosse ! Il fallait lui montrer ce qu’on avait travaillé, sourit-elle. Je me souviens d’une répétition qui n’en finissait pas. Je dis à Claude : "Mon mari ne va jamais croire que je travaille." Il m‘a fait un mot d’excuse ! Je l’ai toujours. »

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Bosseur, colérique, perfectionniste, généreux. Il était tout ça à la fois, l’interprète de Comme d’habitude. Julie Calvet dépeint un homme capable de couvrir ses Clodettes et les musiciens de cadeaux, mais de changer une chorégraphie une heure avant de passer sur scène. « Il prenait un chorégraphe. On répétait pendant des semaines. Et quand il arrivait, ça ne lui plaisait pas du tout, il fallait tout refaire. » Comme la fameuse danse sur Alexandrie, Alexandra. « Une heure avant la télé chez Michel Drucker, il nous a fait changer la choré. »

« Claude ne voulait pas de danseuse avec une formation classique »

Claude François avait eu l’idée des Clodettes en découvrant Ike et Tina Turner. Son inspiration venait d’outre-Atlantique. « Il nous montrait des pas inspirés d’une émission culte aux Etats-Unis. Avec Peggy (Nguyen-thi), il nous avait montré des cassettes et nous avait demandé de relever les mouvements qui rendaient bien. »

La chanson la plus épuisante sur scène ? « Cette année-là. Mais on s’éclatait à danser sur chacune d’entre elles. Hormis Prisca, on n’avait pas de formation de danseuse classique. Claude n’en voulait pas. Il voulait des filles qui bougeaient bien, qui pigeaient vite et qui s’amusaient sur scène. L’autre jour, j’ai ressorti des tenues de l’époque pour des photos. Je suis tombée sur les chaussures. Quand je pense qu’on dansait avec sur scène. Je n’ai même pas réussi à faire un pas avec ! »

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Cette vie « de rêve, même si on travaillait beaucoup » a pris fin brusquement le 11 mars 1978. « On attendait Claude aux Buttes-Chaumont pour une émission de Michel Drucker. J’étais descendue raccompagner mon mari quand j’ai croisé un jeune qui avait une radio à l’oreille. Il me dit : "Vous aimez Claude François ? Parce que si vous l’aimez tant pis pour vous, il vient de mourir." Ça a été très brutal. Tout s’est écroulé du jour au lendemain. Même si j’ai eu après une vie bien remplie de mannequin, puis de restauratrice avant d’ouvrir une plage privée à Frontignan, j’ai mis trente-huit ans à m’en remettre. Jusqu’à ce que je fasse en 2016 une exposition sur Claude (au Moulin, son ancienne résidence devenue un musée). Elle m’a servie de thérapie. »