Rennes: Le street art, une nouvelle façon d’explorer la ville

ART Les pratiques de la rue sont à l’honneur avec le festival Urbaines qui se tient jusqu’au 25 mars…

Jérôme Gicquel
— 
A Rennes, les graffeurs ont à leur disposition une trentaine de murs d'expression libre pour exprimer leur talent.
A Rennes, les graffeurs ont à leur disposition une trentaine de murs d'expression libre pour exprimer leur talent. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le festival Urbaines met à l’honneur les pratiques de la rue comme le street art.
  • Des visites guidées sont organisées dans les rues de la capitale bretonne pour découvrir les œuvres d’artistes locaux.
  • La ville souhaite ainsi faire du street art un argument touristique.

Pour un touriste de passage à Rennes, impossible de louper le Parlement de Bretagne, les maisons à colombages du centre historique ou les pelouses verdoyantes du Thabor. En visite express, beaucoup d’entre eux, le nez plongé dans leur guide, louperont peut-être les nombreuses œuvres de street art qui décorent les murs de la capitale bretonne.

>> A lire aussi : Marseille veut son quartier des graffeurs (comme Miami)

Dommage pour eux car la scène artistique locale regorge de talents comme War, Aero ou Heol. Dans le cadre du festival Urbaines, qui se poursuit jusqu’au 25 mars, ce dernier a livré sa dernière fresque, redonnant un peu de couleur et de vie à la façade bien terne de la MJC du Grand Cordel.

Des visites guidées pour découvrir les œuvres

Son œuvre sera peut-être bientôt au programme des visites guidées sur le street art proposées depuis quelque temps par l’Office du tourisme (la prochaine est le 17 mars). A l’heure où les city-break se multiplient, Rennes mise donc sur l’art urbain pour dynamiser son offre touristique.

« Cela fait partie du patrimoine d’une ville au même titre que les monuments. C’est bien de mettre en lumière tous ces travaux cachés. L’art urbain, c’est aussi une manière de réenchanter le quotidien des habitants. On transforme des lieux pourris en des lieux dignes d’intérêt », confiaient récemment à 20 Minutes Mya et Fortunes, deux artistes rennais.

Trente murs d’expression libre dans la ville

Pour offrir un terrain de jeu à ses artistes, la ville leur a confié une trentaine de murs d’expression libre, notamment sur les palissades des nombreux chantiers de la ville. Une démarche saluée par l’artiste Heol, « le graffeur ninja », qui avait réalisé une fresque géante suspendu dans le vide pendant le festival Urbaines en 2015. « Rennes est assez précurseur en la matière avec de nombreux appels à projets qui sont lancés et une structure, l’Association de soutien au réseau urbain d’expression, qui fédère les acteurs », souligne-t-il.

Si les intentions sont bonnes, la capitale bretonne ne se donne pourtant pas les moyens de ses ambitions, selon Heol. « En termes de budget, on est quand même un peu l’art pauvre de la ville. Le street art n’est pas aussi valorisé que l’art contemporain par exemple. C’est dommage car c’est une ville en pleine effervescence et qui a son mot à dire dans le street art ».