César vs Oscars: Et si la France avait battu la cérémonie américaine à plate couture?

EH OUAIS... La 43e cérémonie des César a eu lieu deux jours avant la 90e cérémonie des Oscars. On a distribué les bons (et les mauvais) points…

L.B.

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Manu Payet aux Césars et Jimmy Kimmel aux Oscars (montage)
Manu Payet aux Césars et Jimmy Kimmel aux Oscars (montage) — SIPA
  • 120 battements par minute de Robin Campillo a été primé vendredi soir meilleur film lors des César.
  • La Forme de l’eau a remporté l’Oscar du meileur film.
  • Les deux cérémonies ont été marquées par des références à l’affaire Weinstein.

Le week-end a été rythmé par deux cérémonies. Vendredi, le cinéma français a célébré les films et acteurs de l’année pendant la 43e cérémonie des César tandis que, dimanche, Hollywood a récompensé l’industrie du grand écran pendant sa 90e cérémonie des Oscars . Difficile de ne pas se laisser aller à la comparaison entre le géant américain et son challenger franco-français.

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Discours engagés, sketchs, blagues et récompenses… On fait le match et le gagnant n’est pas forcément celui qu’on imagine [cet article a été écrit avec la plus grande objectivité, n’en doutez pas].

Manu Payet versus Jimmy Kimmel

César. Après Jérôme Commandeur, ce fut au tour de Manu Payet d’animer la cérémonie qui a duré trois bonnes heures. Une prestation entamée façon comédie musicale, avec des César dansant sur scène. Manu Payet a ouvert la cérémonie, entouré de danseurs vêtus de trophée César à taille humaine. Belle idée, mais l’introduction a créé un certain malaise dans le public.

Oscars. Jimmy Kimmel de son côté a servi un discours très politique sur fond d’affaire Weinstein. « Il y a beaucoup de femmes qui sont concernées et les mouvements #MeToo et Time’s Up sont très importants pour faire bouger les lignes. Cette soirée est placée sous le signe du changement positif », a-t-il lancé. Les références à #metoo étaient attendues, mais ce qui l’était moins, c’était le manque de piquant (même s’il s’est laissé aller à quelques petites blagues). Certains internautes ont même regretté qu’il n’ait pas laissé sa place à une femme.

Ex-aequo (on attendait mieux des blagounettes de Jimmy, non mais)

Sketch de Blanche Gardin versus discours politique de Frances McDormand

César. « C’est une sale soirée pour le cinéma : les producteurs n’ont plus le droit de violer les actrices. Mais par contre, avons-nous encore le droit de coucher pour obtenir les rôles ? Sinon, il va falloir apprendre le texte, on n’a pas le temps… » Blanche Gardin a mis les pieds dans le plat et a servi un sketch à l’humour grinçant qui n’est pas passé inaperçu.

Oscars. En plein discours de remerciement après avoir remporté l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans 3 Billboards, Frances McDormand a fait se lever toutes les femmes nommées. Meryl Streep, Margot Robbie ou encore Saoirse Ronan pour les actrices, la réalisatrice de Lady Bird Greta Gerwig, la directrice de la photo de Mudbound Rachel Morrison et une vingtaine d’autres femmes ont longuement été applaudies par la salle. Un moment émotion.

1-0 pour la France (pour avoir osé le «no limit»)

Meilleur film vs «best picture»

César. La cérémonie française a célébré la diversité. Le film 120 battements par minute de Robin Campillo, grande fresque sur les années Sida en France à travers le combat de l’association Act Up, a été sacré Meilleur film. Sur scène, Robin Campillo en a profité pour parler des minorités, comme les usagers de drogue, les prostitués et les migrants. « On est toujours dans le tout répressif et les lois votées depuis mettent ces gens-là dans une situation de grande précarité. Il est temps de les entendre, car comme il y a vingt-cinq ans, silence = mort », a-t-il déclaré.

Oscars. Pas de surprise outre-Atlantique. La Forme de l’eau, romance fantastique sur une muette travaillant dans un laboratoire gouvernemental secret qui tombe amoureuse d’une créature reptilienne captive, a raflé quatre prix dont celui de meilleur film (comme prévu). Guillermo del Toro en a profité pour appeler les jeunes cinéastes qui veulent « utiliser le genre fantastique pour raconter ce qui se passe dans le monde aujourd’hui à mettre un grand coup de pied dans la porte ». Les Oscars ont fait un choix historique en récompensant Jordan Peele pour le scénario de son film d’horreur Get Out, qui critique le racisme bien-pensant. Il aura fallu attendre quatre-vingt-dix ans pour qu’un Afro-Américain remporte l’oscar du meilleur scénario original. Check.

0-1 pour les Oscars (pour avoir un peu dépassé le temps du #oscarssowhite)

Rubans blancs vs Harvey Weinstein en peignoir

César. Debout et  ruban blanc à la poitrine, le cinéma français a affiché sa mobilisation contre les violences sexistes ou sexuelles faites aux femmes. « Je vous propose d’agir dès ce soir, de vous lever, de montrer vos rubans blancs, parce qu’effectivement, maintenant on agit », a déclaré le maître de cérémonie Manu Payet. « Je trouve ça formidable que les mentalités soient en train de changer, que la parole des femmes soit en train de se libérer, et que les hommes entendent qu’il y a des comportements à bannir », a-t-il ajouté.

Oscar. Plastic Jesus et Joshua « Ginger » Monroe, qui se sont rendus célèbres avec leurs statues de Donald Trump nu, ont inauguré jeudi dernier à Los Angeles une statue grandeur nature dorée du producteur Harvey Weinstein, assis sur un canapé en peignoir, un oscar à la main. L’œuvre a été placée à proximité du théâtre Dolby qui a accueilli la cérémonie.

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1-0 pour les César (Et Call me by your name alors ? !!)