Nice: Il crée entièrement son pan bagnat, du blé pour le pain aux poules pour les œufs

DO IT YOURSELF Son documentaire sur le Do It Yourself sera diffusé ce soir, mercredi 28 mars, sur Canal +... 

Mathilde Frénois

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Benjamin Carle a élaboré entièrement son pan bagnat pour les besoins d'un documentaire.
Benjamin Carle a élaboré entièrement son pan bagnat pour les besoins d'un documentaire. — B. Carle
  • Benjamin Carle a tiré de son expérience le documentaire Sandwich.
  • Il y a quatre ans, il s’était déjà lancé dans le projet de vivre 100 % made in France.

Quatre mois d’élaboration. Quelques minutes pour croquer dedans. Benjamin Carle a entièrement réalisé son pan bagnat, de la plantation du blé pour le pain à la fabrication du poulailler pour les œufs. Il en tire le documentaire Sandwich qui sera diffusé sur Canal + ce mercredi 28 mars.

La première étape de la création de son pan bagnat a commencé loin du potager. D’abord, Benjamin Carle s’est attaché à trouver la bonne recette : « Il me fallait une recette officielle, une marche à suivre et un cadre », explique Benjamin Carle. Le trentenaire s’était déjà lancé dans un documentaire sur le Made in France en 2014. Il revient quatre ans après avec un projet autour du Do it Yourself. « Le pan bagnat est un très bon terreau pour raconter la tendance du Do It Yourself. J’aime faire des documentaires de société qui se basent sur une expérience simple et sans effets. Avec le sandwich, il n’y a pas d’immersion compliquée. »

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Traçabilité et fraîcheur

Avant de croquer dans son sandwich, Benjamin Carle a dû mettre les mains dans la terre. Il a « planté le blé après avoir retourné 20m2 de terre dans un champ, devenu farine pour faire le pain ». Et comme il était exclu de faire ses emplettes au marché ou de remplir un chariot en grande surface, il a fabriqué un potager.

« Sur un toit d’un immeuble du 20e arrondissement de Paris, j’ai planté tous les légumes nécessaires : tomates, poivrons, basilic, ail, artichaut, énumère-t-il. Pour les œufs, j’ai fabriqué un poulailler dans lequel j’ai mis des poules. » Benjamin Carle a aussi pressé son huile d’olive aux Baux-de-Provence et péché son thon au Pays Basque.

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Benjamin Carle a planté son blé pour le pain et adopté des poules pour les œufs.
Benjamin Carle a planté son blé pour le pain et adopté des poules pour les œufs. - B. Carle

Le trentenaire a ainsi poussé à l’extrême la traçabilité et la fraîcheur de son sandwich. « En plus, ce que l’on fait de nos mains provoque un sentiment de fierté. C’est la même sensation que l’on éprouve quand l’on a un produit fini que l’on a fabriqué soi-même, avec la cuisine, le tricot, la menuiserie ou la peinture, dit-il. Ça a une valeur symbolique et une charge émotionnelle particulière. »

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Presser l’huile en urgence

Le plus difficile ? « Synchroniser tous les éléments, affirme-t-il. J’ai planté le blé en juillet. Et en septembre, tout s’est accéléré. Il a fallu que je presse l’huile d’olive en urgence pour assembler le pan bagnat au moment de maturité de la dernière tomate. »

Le 15 septembre, Benjamin Carle est venu à bout de la confection de ses 25 sandwichs. « Je n’ai pas assez d’expérience pour ouvrir un restaurant, sourit-il. Mais ce pan bagnat restera la chose la meilleure que j’ai mangée en 2017. »