VIDEO. «Marseille» saison 2: Guerre des chefs, règlement de comptes et football, la série est-elle cliché?

SERIE La deuxième saison de la série sera diffusée ce vendredi sur Netflix…

Mathilde Ceilles

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Le Casting de la série «Marseille».
Le Casting de la série «Marseille». — EREZ LICHTFELD/SIPA
  • 20 Minutes a pu voir les quatre premiers épisodes de la saison 2 de Marseille.
  • On fait le point entre les clichés et les réalités représentés à l’écran.

Au Vélodrome, le tifo de promotion de la série Marseille a fait des remouds. « Cela ne me plaît pas du tout, déjà c’est une série de merdes qui enfonce plus Marseille qu’elle ne la met en avant. Des voyous, des drogués, il y en a ailleurs qu’à Marseille », déclarait ainsi à l’AFP Christian Cataldo, chef des Dodgers.

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Lors de la première saison, de nombreuses critiques déploraient les clichés que véhiculait cette série, dont la saison 2 sera diffusée sur Netflix ce vendredi. En réponse, dans La Provence, le réalisateur de la saison 2 disait s’être entouré de scénaristes ayant une fine connaissance de la deuxième ville de France. Toutefois, l’un d’entre eux, le journaliste marseillais Philippe Pujol, n’a pas participé à l’écriture des dialogues. « Je suis resté six mois, explique-t-il à 20 Minutes. La grande série sur Marseille n’est pas encore faite, il y a encore la place. »

Alors que, dans cette nouvelle version, Benoît Magimel a délaissé son accent marseillais fluctuant, 20 Minutes a décortiqué les quatre premiers épisodes pour distinguer les clichés des réalités quotidiennes des Marseillais qui apparaissent au fil du scénario.

Une succession tendue entre le maire et son adjoint : Pas cliché. Dans ces premiers épisodes, le maire de Marseille, affaibli par une crise cardiaque, doit laisser son fauteuil de maire à son fils caché, premier adjoint devenu rival, incarné à l’écran par Benoît Magimel. Difficile dès lors de ne pas dresser un parallèle avec le duo Jean-Claude Gaudin/ Renaud Muselier.

Après avoir été le premier adjoint et un très proche du maire de Marseille, Renaud Muselier a dû renoncer en 2014 à ses ambitions municipales après une défaite aux élections législatives. Jean-Claude Gaudin lui avait pourtant promis, en cas d’élection à l’Assemblée nationale, son fauteuil de maire. « S’il avait été élu député, je m’effaçais », aurait-il déclaré selon Europe 1.

Ces dernières semaines, celui qui est devenu président de la région Paca ne se prive pas de critiquer l’édile de la deuxième ville de France. Il y a un mois, Renaud Muselier estimait ainsi sur Public Sénat, que Jean-Claude Gaudin avait été « un mauvais maire » qui a fait « deux mandats de trop ».

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Une ville où l’importante délinquance augmente : Cliché. Dans les quatre premiers épisodes de la saison 2, on ne dénombre pas moins d’une fusillade mortelle à la kalachnikov, une noyade pas si accidentelle ou encore un « barbecue ». Certes, en 2017, dans les Bouches-du-Rhône, on dénombrait 14 morts liés aux règlements de compte, selon les chiffres communiqués récemment à la presse par la préfecture de police. Toutefois, toujours selon ces mêmes statistiques, Marseille peut se targuer d’une chute des chiffres de la délinquance enregistrés depuis 2012.

L’année 2017 a même été la meilleure de la décennie en nombre de règlements de comptes, deux fois moins nombreux qu’en 2016. D’après les dernières statistiques officielles, le taux moyen d’homicides volontaires dans les Bouches-du-Rhône s’établit même à 2,9 pour 100.000 habitants, contre 4,5 à Paris et 8,2 en Guadeloupe et Saint-Martin.

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Un stade Vélodrome sacré mais coûteux : Pas cliché. C’est l’autre fil rouge de ces épisodes : le stade Vélodrome doit-il être vendu face aux coûts qu’il engendre ? Dans la série, les conseillers municipaux sont divisés entre la ferveur et l’attachement des Marseillais pour ce stade et le football, et les réalités financières que représente une telle infrastructure. Du côté de Jean-Claude Gaudin et de ses adjoints, le choix a été fait de recourir à un partenariat public-privé pour rénover le stade avant l’Euro 2016.

Or, la chambre régionale de la cour des comptes a épinglé les surcoûts liés à la construction de ce nouveau Vélodrome. Selon son rapport, le coût réel de l’enceinte pourrait dépasser les 500 millions d’euros pour la municipalité.

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Quant à la ferveur qui entoure ce stade et ce club, difficile de le contester. La dernière exposition du MuCEM à ce propos, et le succès qu’elle a rencontré, n’est qu’une preuve parmi d’autres…