VIDEO. Victoires de la musique: Une pétition demande «l'annulation des prix du rappeur Orelsan»

POLÉMIQUE Alors qu'Orelsan a reçu trois prix aux Victoires de la musique 2018, une pétition réclame qu'on retire ces récompenses à « cet individu qui devrait être tout simplement censuré »...

C.B.

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Le rappeur Orelsan a remporté trois trophées aux Victoires de la musique, le 9 février 2018.
Le rappeur Orelsan a remporté trois trophées aux Victoires de la musique, le 9 février 2018. — Thomas SAMSON / AFP

Trois procès (au bout desquels il a été relaxé) n’auront pas été suffisants pour laver Orelsan des soupçons de provocation à la violence envers les femmes. En effet, alors que le rappeur a été relaxé en mars 2016 à ce sujet, la cour ayant « considéré que ces propos relevaient de la  liberté d'expression et que le rap permet des formes d’expression plus ou moins excessives », comme le rapportait à l’époque Me Alain Weber, l’avocat des associations plaignantes, à nos confrères du Figaro, des associations interpellent désormais la ministre de la culture Françoise Nyssen.

Des propos « pas acceptables »

« Nommé dans trois catégories, sur les douze que comptait la 33e édition des Victoires de la musique, le rappeur Orelsan a donc fait un triplé, vendredi 9 février, lors de la cérémonie de remise des récompenses, diffusée en direct sur France 2, rappelle la pétition, publiée sur change.org. Outre le fait que des artistes étaient cent fois plus méritants sur le plan purement artistique, ce qui est beaucoup plus grave, et n’est pas acceptable, ce sont certains propos lus et entendus dans ses "chansons". »

Pour appuyer ces propos, sont ensuite publiés des extraits de la chanson Saint Valentin, dans laquelle il dit, entre autres : « J’vais la limer jusqu’à c’qu’elle soit couchée et qu’elle voit des clochettes », « Mais ferme ta gueule ou tu vas t’faire Marie-Trintignier », « Tu seras ma petite chienne et je serai ton gentil maître », « J’bois, baise, jusqu’à c’que t’en sois mal en point » ou encore « J’te tèje la veille et j’te r’baise le lendemain »… « Mais quel exemple est-ce pour les jeunes ?? », s’interroge l’auteure de la pétition.

Des paroles de 2009 qui font toujours couler de l’encre

A l’époque, Orelsan avait plaidé à la cour d’appel en invoquant la liberté de création et en arguant qu'« On ne peut pas faire que des œuvres qui soient du Walt Disney ! » Le rappeur avait ensuite rappelé que ces propos « ironiques » et « d’hyper mauvais goût » étaient dits par un « personnage fictif », narrateur de sa chanson, et qui ne reflétait pas son opinion. Près de dix ans après la sortie de Saint Valentin (en 2009) ou Sale pute (en 2006), les associations féministes n’ont pas oublié.

« Nous appelons tous les mouvements défendant les droits des femmes, et toutes les associations des droits de l’homme, à s’insurger contre le résultat de cette soirée, et demandons l’annulation pure et simple des prix reçus par cet individu qui devrait être tout simplement censuré, poursuit le texte de la pétition, qui avaient rassemblé près de 15.000 signatures ce mardi après-midi. Comment, dans une période comme celle que nous vivons, est-il seulement possible d’accepter ça ? Madame le Ministre de la Culture, vous ne pouvez pas ne pas réagir ! » Reste à savoir si Françoise Nyssen répondra à cet appel.

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