Même si vous êtes moche, il vous reste une (petite) chance de trouver l’amour pour la Saint-Valentin

COUPLE Votre vie amoureuse sent la lose? L'application de rencontre Neargroup va peut-être vous sauver...

Laure Beaudonnet

— 

Illustration
Illustration — Pierre Jamet / Sipa
  • Neargroup est une appli de drague sur Facebook Messenger qui se présente comme un anti-Tinder. 
  • Les photos s'affichent seulement après 15 minutes de discussion. 
  • L'appli compte 5 millions d'utilisateurs dans le monde. 

Vous le voyez venir gros comme une maison, vous allez encore vous retrouver seul avec Ouistiti sur les genoux (c’est le nom de votre chat, pas de bol) pour la Saint-Valentin. Votre statut Facebook n’affiche toujours pas « en couple », vous n’avez même pas une minable histoire en cours qui pourrait justifier d’indiquer « c’est compliqué » sur votre profil. Et quand par chance vous matchez sur Tinder, personne ne vous propose de rendez-vous.

Vous en avez gros sur la patate et le 14 février ne manquera pas de vous rappeler que la seule corde qu’on vous passera au cou, c’est celle qui vous attend bien sagement au-dessus du tabouret dans votre salon. Mais tout le monde a le droit à l’amour (oui, tout le monde) et ça tombe bien, une application a pensé à vous.

>> A lire aussi : Tinder détruit… la confiance en soi / la santé / les couples / (Complétez)

Les femmes trouvent tous les hommes moches

Neargroup est un chatbot sur Facebook Messenger qui se présente comme un anti-Tinder. Alors que les applis de drague habituelles reposent sur le physique -tout se joue sur les photos-, le monde merveilleux de Neargroup reprend le célèbre adage : « il n’y a pas que le physique qui compte ». Elle fait passer l’apparence au second plan. Comment ça se passe concrètement ?

C’est très simple. « Vous écrivez vos pensées, les personnes dans votre périmètre les voient mais votre photo de profil est floutée », explique son fondateur Prashant Pitti pendant le Web Summit de Lisbonne, en novembre 2017. La photo se dépixellise au bout de quinze minutes ininterrompues de discussion (si les échanges sont poussifs, c’est vraiment très long). Ça oblige à s’arrêter sur autre chose qu’une mise en scène Insta. On lit les stories [publications] des personnes proches de chez nous -un enregistrement audio, des pensées, une recherche d’amis pour jouer au scrabble- et on choisit de discuter avec celle dont la story nous accroche le regard.

« Pour développer cette appli, j’ai discuté avec de nombreuses femmes de mon entourage et il s’avère qu’elles trouvent la plupart des hommes vilains, raconte Prashant Pitti. Si 80 % des hommes ne sont pas à votre goût, pourquoi les jugez-vous sur l’apparence ? Et, ces hommes laids ne se marient-ils pas, n’ont-ils pas des amis ? Bien sûr que si », souligne celui qui n’hésite pas à taper sur les applis de drague traditionnelles. Les femmes ont bien d’autres critères, elles jugent sur la confiance, l’intégrité, le statut…

>> A lire aussi : Cinq bons plans pour les anti Saint-Valentin et les célibataires

La géolocalisation limitée en France

« On trouve moins de défauts à nos amis qu’aux gens qu’on ne connaît pas », observe Prashant Pitti. Et son pari semble fonctionner. Dans 73 % des cas, les utilisateurs continuent à se parler même après avoir vu le visage de leur interlocuteur. C’est dire si on devient indulgent quand on apprend à connaître quelqu’un. À l’inverse, sur Tinder, on ne perd pas de temps, on a la zappe facile et les matchs sont rares pour ceux que Mère Nature n’a pas gâtés (ou qui ne savent pas se mettre ne valeur en photo). D’autant que l’algorithme Tinder vous donne une note de « désirabilité » pour favoriser les profils équivalents : les beaux avec les beaux et les moches avec les moches. C’est la loi de la jungle.

Avec 5 millions d’utilisateurs depuis sa création et 48 millions de messages échangés par jour dans le monde, Neargroup a l’air de savoir comment redonner espoir aux célibataires au bout du rouleau. Seul problème : la géolocalisation semble limitée en France [à Paris, on papote avec un Marseillais, niveau proximité, il y a mieux] et les candidats à l’amour sont à peine majeurs. Mais, si vous avez entre 15 et 25 ans, que vous avez honte de votre sourire carié et de votre acné purulente et surtout que le célibat vous tape sur le système, vous frappez à la bonne porte. Joyeuse Saint-Valentin !