VIDEO. Grammy Awards 2018: Retour sur une cérémonie très politique

TEMPS FORTS La 60e édition des Grammy Awards, qui s'est tenue dimanche à New York, a vu triompher Bruno Mars et Kendrick Lamar entre plusieurs séquences engagées...

20 Minutes avec AFP

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Kendrick Lamar a chanté son engagé «XXX» aux Grammy Awards 2018.
Kendrick Lamar a chanté son engagé «XXX» aux Grammy Awards 2018. — TIMOTHY A. CLARY / AFP

Un grand bol de musique et des tranches de politique. Tel était le menu de la 60e édition des Grammy Awards ce dimanche à New York. Voici ce qu’il faut retenir de cette cérémonie.

  • Le carton de Bruno Mars

Album de l’année pour 24K Magic, enregistrement et morceau-titre de l’année pour That’s What I LikeBruno Mars est le grand gagnant de ces Grammy Awards puisqu’il en est reparti avec trois des quatre trophées dit majeurs. Le quatrième étant celui de la Révélation de l’année, décernée à la Canadienne Alessia Cara.

L’artiste de 32 ans n’a pas manqué de saluer dans son discours de remerciement Kendrick Lamar et Jay Z qui étaient également en lice dans la catégorie album de l’année.

  • Jay Z bredouille

Malgré ses huit nominations, Jay Z est rentré bredouille de la cérémonie. Bruno Mars et Kendrick Lamar lui ayant été préférés par les votants. La figure du hip-hop peut toujours se consoler en se rappelant qu’il est déjà titulaire de vingt-et-un Grammys. Soupe à la grimace également pour Despacito, le tube de l’été qui a été nommé trois fois mais n’a rien décroché.

  • Kendrick Lamar primé et engagé

Kendrick Lamar est l’autre grand vainqueur de la soirée puisqu’il a glané cinq statuettes : meilleur album rap, meilleure performance rap, meilleure chanson rap, meilleure collaboration rap, meilleur clip…

Il a ouvert la cérémonie en interprétant XXX, entouré de figurants en cagoule et tenue camouflage avec Bono, le leader de U2. Ce morceau, l’un des plus engagés de son opus DAMN, évoque les meurtres de jeunes hommes noirs. Sa prestation sur scène s’est conclue avec des danseurs vêtus de rouge faisant mine de s’écrouler après avoir été touchés par des coups de feu.

  • Des roses blanches symboliques

Cette entame est loin d’être la seule séquence à dimension politique. Plusieurs artistes sont arrivés avec des roses blanches, faisant écho aux mouvements #MeToo et Time’s Up, libérant la parole des victimes de violences sexuelles.

Lady Gaga a rendu hommage à Time’s Up avant que Janelle Monae n’en parle également lors d’un vibrant monologue : « A ceux qui voudraient essayer de nous faire taire, nous offrons deux mots : "c’est fini". Fini les inégalités de rémunérations, la discrimination, le harcèlement sous toutes ses formes, et les abus de pouvoir. » La chanteuse présentait ainsi la prestation de Kesha dont la chanson Praying fait référence à sa bataille contre le producteur Dr. Luke qu’elle accuse de l’avoir violée.

  • Des hommages aux immigrés

D’autres artistes se sont également positionnés sur le sujet de l’immigration. Camila Cabello a rendu hommage aux Dreamers, qui bénéficient du programme Daca permettant à des immigrés arrivés enfants clandestinement aux Etats-Unis de travailler et d’étudier légalement. Un programme supprimé par Donald Trump, qui a enjoint le Congrès de le remplacer par une nouvelle législation. Mais les parlementaires sont dans l’impasse.

Camila Cabello a souligné qu’elle était elle-même arrivée enfant de Cuba avec ses parents, « sans rien en poche que de l’espoir ».

U2 a par ailleurs livré une prestation devant la Statue de la Liberté, rappelant le poème gravé à sa base, qui invite à accueillir tous les immigrés qui se rendent à New York et aux Etats-Unis.

  • Des piques anti-Trump

Les oreilles de Donald Trump ont dû siffler. Le présentateur James Corden, a fait lire à des chanteurs ainsi qu’à Hillary Clinton des passages du livre polémique Fire and Fury, dépeignant un tableau catastrophique de la première année de mandat de l’administration Trump.

Le rappeur Logic a conclu l’interprétation de sa chanson 1-800-273-8255 – pour la prévention du suicide – par un message tourné vers les autres pays du monde, « nourris de culture, de diversité et de milliers d’années d’histoire ». Une référence claire à la politique migratoire du président américain et à ses récents propos polémiques sur les «pays de merde»​, qu’il conteste avoir tenus.