Le festival d’Angoulême met la gomme pour les mômes

BD La 45e édition du festival d’Angoulême s’ouvre avec l’ambition affichée de devenir plus en plus populaire auprès des jeunes...

De notre envoyé spécial à Angoulême, Olivier Mimran

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De jeunes lecteurs absorbés par des bandes dessinées
De jeunes lecteurs absorbés par des bandes dessinées — Vincent Loison/SIPA

Cette année, l’un des principaux objectifs du Festival International de la BD d’Angoulême serait de « contribuer au renouvellement du lectorat de la bande dessinée », si l’on en croit les déclarations de Franck Bondoux, son délégué général. En d’autres termes, on accentue les initiatives en direction des enfants, qui sont non seulement les lecteurs – et clients – de demain, mais également – surtout ? - les acteurs des plus grands bouleversements qu’a récemment connus et qui attendent le 9° Art.

Strip exclusif réalisé pour 20Minutes
Strip exclusif réalisé pour 20Minutes - AGNES MAUPRE

Du manga en veux-tu en voilà

Par exemple, c’est un lectorat jeune et majoritairement fan de mangas qui a contribué à faire de la France le deuxième consommateur du genre après le Japon. Le festival l’a bien compris, qui n’a jamais consacré autant d’expositions simultanées à des mangakas que cette année.

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« Une première en Europe », selon Stéphane Beaujean, le directeur artistique du festival, qui rappelle d’ailleurs « qu’une récente étude invite à penser que les amateurs de mangas sont ceux sur lesquels l’édition francophone doit porter en priorité pour recruter son lectorat de demain ».

Le dimanche n’est plus chômé

L’autre initiative à destination de la jeunesse, c’est la programmation d’animations d’envergure le dimanche, jour de clôture du festival jusqu’ici deserté par un maximum auteurs, d’éditeurs et de journalistes, le palmarès étant dévoilé le samedi soir. Pour faire rester les visiteurs, le festival accueille donc cette année - le dimanche, donc – une masterclass de Zep (dont le héros Titeuf bénéficie aussi d’une expo pour ses 25 ans), des activités autour des Schtroumpfs qui fêtent leur 60 ans, et un « bal des vampires » inspiré par le personnage de Petit Vampire, de Joann Sfar.

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Si les intentions du festival semblent légitimes – et visionnaires ? -, le public suivra-t-il cette petite révolution ? Parce qu’entre les courses panique au milieu de foules denses pour retrouver son petit dernier qui a « temporairement échappé à notre vigilance » et les interminables négociations pour expliquer que non, il n’est pas question de faire la queue trois heures pour obtenir une signature de Zep, traîner ses gosses à Angoulême relève parfois du parcours du combattant.

Mais il suffit d’apercevoir le regard émerveillé d’un gosse assistant à une dédicace dessinée, ou la concentration d’un autre plongé dans la découverte d’une BD pour se persuader que oui, la présence des enfants au festival d’Angoulême est essentielle. Pour eux, pour le festival et, si l’on adhère aux projections des organisateurs, pour la BD d’aujourd’hui… et de demain.

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