On a testé «The Inpatient», le jeu dont la VR a le pouvoir de vous faire parler

JEUX VIDEO Avec « The Inpatient » qui sort ce mercredi sur PlayStation VR, les créateurs du jeu « Until Dawn » misent sur l’immersion au point de vous faire parler dans le jeu. Ridicule ? Pas du tout, on a testé et c’est impressionnant…

Jean-François Morisse

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Les couloirs enténébrés du sanatorium de Blackwood Pines pour un prequel à Until Dawn.
Les couloirs enténébrés du sanatorium de Blackwood Pines pour un prequel à Until Dawn. — Sony

« Mais à qui parles-tu enfin ? » Oui, je l’admets : la scène a de quoi surprendre ma compagne à laquelle j’avais pourtant bien précisé qu’étais en train de tester un jeu.

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Je suis debout dans le salon, le casque de réalité virtuelle PlayStation VR visé sur la tête, seul face à l’écran, et je parle pour m’adresser au personnage qui partage ma cellule. Bienvenue dans l’expérience The Inpatient, le nouveau jeu de réalité virtuelle imaginé par le studio britannique Supermassive Games qui était déjà derrière le jeu d’horreur cinématographique Until Dawn.

Dans le monde de la réalité virtuel, l’horreur a la cote. Et pour cause, le côté immersif de ces jeux facilite grandement les sensations fortes et les effets de surprise (jumpscare). Resident Evil 7, Until Dawn Rush of Blood (la déclinaison en train fantôme du jeu d’aventure), Here they lie ou Layer of fear sont quelques-unes des expériences d’ores et déjà disponibles. Avec The Inpatient, Supermassive développe l’histoire de son titre phare Until Dawn. Direction le sanatorium de Blackwood Pines, 60 ans avant les événements racontés dans Until Dawn.

Donnez vos réponses en parlant ! Adressez-vous directement aux personnages du jeu pour une immersion inédite et totale.
Donnez vos réponses en parlant ! Adressez-vous directement aux personnages du jeu pour une immersion inédite et totale. - Sony

Si The Inpatient surprend, c’est aussi parce qu’il utilise le micro du casque VR et propose au joueur de parler. A plusieurs reprises lors de dialogues, il est possible de donner sa réponse à haute voix, ces choix impactant l’histoire à la manière d’Until Dawn. Fascinant pour le joueur qui a ainsi l’impression d’échanger vraiment avec les personnages qu’il côtoie. Cette utilisation de la reconnaissance vocable accentue carrément la sensation d’immersion.

Une aventure dans laquelle le joueur prend la parole

L’idée est géniale et la reconnaissance fonctionne parfaitement bien. Pas la peine de crier. Je l’avoue, je l’ai même fait de manière théâtrale en mettant les bonnes intonations. Je pense que tout le monde à la maison s’est inquiété pour ma santé mentale… « Pourquoi est-ce que Papa, il s’énerve en parlant à la télé ? » Je ne fais pas un boulot toujours simple malgré ce que pense mon boss.

Plongée au coeur de la folie

La santé mentale est d’ailleurs au cœur de cette aventure qui joue plus sur le sentiment d’oppression et de malaise que sur les effets de surprises habituels. Le joueur, amnésique, commence son aventure interné dans cet asile psychiatrique, enfermé, seul au début dans une cellule. Un début d’aventure en huis clos oppressant. Que fait-il ici ? Qui sont ces gens ?

Le jeu mêle les flash back, les rêves et le temps présent. Bienvenue dans l'antre de la folie !
Le jeu mêle les flash back, les rêves et le temps présent. Bienvenue dans l'antre de la folie ! - Sony

L’intrigue semble décousue, le présent se mêlant au passé, mais aussi aux rêves… On avance dans l’aventure captivé, presque hypnotisé, tantôt en échangeant avec ces mystérieux personnages, tantôt en avançant, lampe torche à la main dans les couloirs déserts et enténébrés de l’établissement alors que des bruits étranges se font entendre. Frissons garantis.

Un jeu d’ambiance avant tout

L’atmosphère de The Inpatient est oppressante à souhait. Si l’on sursaute à quelques rares reprises c’est surtout par son ambiance sinistre et inquiétante que le jeu se distingue tout en surfant sur le thème de la folie. On songe à des films comme L'Antre de la folie de John Carpenter ou bien Shutter Island de Martin Scorsese. Je l’avoue, je n’ai pas toujours fait mon fier à Blackwood Pines… tout en parlant à la télévision. Comme quoi, vu de l’extérieur en tout cas, la maladie (mentale) n’était jamais très loin.

Les interactions sont limitées. Ici, clairement indiqué, un objet à observer.
Les interactions sont limitées. Ici, clairement indiqué, un objet à observer. - Sony

Quant au motion sickness, le mal de mer procuré par certains jeux en réalité virtuelle, il reste très limité. Les mouvements sont lents plutôt bien gérés dans l’ensemble et The Inpatient n’est clairement pas un jeu d’action. On se doute aussi que depuis la sortie du PS VR fin 2016, les développeurs ont sans doute optimisé les jeux afin de limiter cet effet secondaire.

Si l’on ressort moins malade qu’excité de The Inpatient, la folie guette et il y a de quoi éprouver parfois un sentiment de malaise. Le début du jeu, très original, y est sans doute pour beaucoup. Avec ce titre, la VR livre une expérience différente et laisse entrevoir de nombreuses possibilités. En mêlant la vue et la voix, la VR accède à une nouvelle dimension. Les odeurs seront-elles la prochaine étape pour parfaire l’expérience ?

Un jeu PlayStation/PS VR vendu 40 euros environ (PEGI 18)

Jeux Vidéo Magazine, le magazine numéro 1 de la presse jeux vidéo.
Jeux Vidéo Magazine, le magazine numéro 1 de la presse jeux vidéo. - LDS

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