Osamu Tezuka, Naoki Urasawa, «Fairy Tail»... Le manga, nouveau pilier du festival d'Angoulême

FESTIVAL Depuis près de 50 ans, le festival d'Angoulême célèbre la bande dessinée, mais cette année, du 25 au 28 janvier, il a décidé de célébrer encore plus le manga à travers trois expos, des rencontres...

V. J.

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Le Festival d'Angoulême consacre une expo au Dieu du manga Osamu Tezuka, et sa création la plus connue Astro Boy
Le Festival d'Angoulême consacre une expo au Dieu du manga Osamu Tezuka, et sa création la plus connue Astro Boy — Tezuka Productions / 9eART+

Si le Japon est le premier marché mondial de la bande dessinée, le France, elle, est le deuxième consommateur de manga dans le monde. Après le Japon bien sûr, mais avec tout de même 30 % des ventes de BD. Des chiffres qu’il est toujours bon de rappeler, vu que le manga a longtemps été victime d’une mauvaise de réputation, d’un étrange paradoxe, associé à la jeunesse et au Club Do d’un côté, et au sexe et à la violence de l’autre. Il l’est d’ailleurs toujours, un peu, par certains.

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Des auteurs comme Jirō Taniguchi, sur le papier, ou  Hayao Miyazaki, à l’écran, ont ouvert la voie à la reconnaissance, jusqu’à ce que le prestigieux Festival international de la bande dessinée d'Angoulême sacre Katsuhiro Otomo, auteur d’Akira, en 2015. Il était temps.

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Trois mangakas, trois expos

En 1982, Angoulême recevait ainsi dans un relatif anonymat un certain Osamu Tezuka, aujourd’hui considéré comme le « Dieu du manga », avec 50 ans de carrière, 400 volumes, 150.000 pages dessinées et des chefs-d’œuvre tels que Astro Boy, Le Roi Léo, Bouddha ou Black Jack. Trente-six ans plus tard, le festival lui consacre une rétrospective exceptionnelle, la première du genre en Europe, pour mieux rendre compte de l’importance de son travail protéiforme, moderne et humaniste.

Mais ce n’est pas tout, Angoulême accueillera également deux autres mangakas de référence pour des expositions et masterclass : Naoki Urasawa, spécialiste du genre avec Monster, Pluto ou 20th Century Boys, et Hiro Mashima, dont le manga  Fairy Tail est l’un des dignes représentants du shônen, aux côtés de One Piece et Naruto.

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Japonismes 2018

Plus que jamais, le manga s’impose donc comme un pilier du festival d’Angoulême en général, et de cette 45e édition en particulier, avec également des mangas présents dans toutes les catégories de la compétition officielle (La cantine de minuit, L’enfant et le maudit, Tokyo Alien Bros., Hanada le garnement, Je suis Shingo) un pavillon spécial ou encore la création du Prix Konishi pour la meilleure traduction d’un manga japonais en français.

Cette mobilisation d’envergure s’explique aussi par le fait que 2018 est l’année du 160e anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et la France, du 150e anniversaire du début de l’ère Meiji, ainsi que des 90 ans de la naissance de Tezuka, et l’occasion d’une série de manifestations culturelles sur le thème «Japonismes 2018 : les âmes en résonance». La France, le deuxième pays du manga.