Mort de Dolores O'Riordan: «The Cranberries a sa place au Panthéon de la musique irlandaise»

INTERVIEW L'animateur radio irlandais Tom Dunne revient sur le succès planétaire du groupe...

Propos recueillis par Philippe Berry

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La chanteuse Dolores O'Riordan, avec The Cranberries, sur scène à Paris en 2012.
La chanteuse Dolores O'Riordan, avec The Cranberries, sur scène à Paris en 2012. — MARQUENET MATTHIEU/SIPA

Certes, ils n’ont pas eu la longévité de U2 ou de Van Morrison. Mais avec plus de 40 millions d’albums vendus dans les années 90/2000, The Cranberries a marqué l’histoire pop-rock, donné des centaines de concerts dans le monde entier et poussé pas mal de lycéens à monter un groupe et à jouer des reprises de Zombie pendant la Fête de la musique. Encore sous le choc après l’annonce du décès de la chanteuse Dolores O’Rioardan, lundi, à 46 ans, l’animateur radio irlandais Tom Dunne (The Tom Dunne Show), ancien chanteur du groupe Something Happens, revient pour 20 Minutes sur la carrière des Cranberries.

Quelle est la place du groupe dans la culture irlandaise ?

The Cranberries a sa place garantie au Panthéon de la musique irlandaise. Linger et Dreams font partie des classiques intemporels. Ce sont deux chansons simples, avec un chant étincelant et des paroles sincères, que la plupart des Irlandais sont capables d’entonner, même sans avoir le talent de Dolores.

Certaines stars comme Céline Dion polarisent énormément dans leur pays d’origine. Etait-ce le cas pour The Cranberries ?

Non, la principale émotion des Irlandais, c’est la fierté. Ils étaient ados quand ils ont commencé. Leur premier album, Everbody Else is doing it, why can’t we, (Tout le monde le fait, pourquoi pas nous) a cette croyance en soi presque naïve. Ensuite, quand ils sont devenus ultra-populaires, il y a eu plus de critiques, et ça a été difficile pour eux.

Malgré une identité irlandaise forte, ils ont connu un immense succès international, aux Etats-Unis et en France, notamment. Est-ce paradoxal ?

La culture irlandaise était présente à un certain degré dans leurs chansons, mais leurs meilleures étaient les plus simples, quand Dolores exprimait sa vulnérabilité, celle des garçons et des filles qui ont peur d’avoir le cœur brisé. C’est plus universel que leurs références au poète irlandais Yeats ou à l’insurrection de Pâques de 1916.

Sa carrière solo a été plus confidentielle, cela a-t-il joué dans leur reformation ?

Sa carrière solo n’a pas connu le même succès qu’avec The Cranberries. De manière assez claire, ils avaient une alchimie qui n’était pas présente en solo. Je suis sûr qu’ils étaient conscients que leur histoire ensemble était quelque chose qui méritait d’être célébré comme sur leur dernier album de reprises, Something Else, avec l’Irish Chamber Orchestra.