VIDEO. Golden Globes 2018: Les discours engagés des actrices contre le harcèlement sexuel

#METOO Hollywood a parlé d'une seule voix dimanche pour appeler à changer la culture sexiste qui règne dans le monde du cinéma et à lutter contre les crimes sexuels...

Noémie Sato

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Laura Dern, à gauche, Nicole Kidman, Zoe Kravitz, Reese Witherspoon et Shailene Woodley posent avec le prix de la meilleure mini-série télévisée obtenue pour
Laura Dern, à gauche, Nicole Kidman, Zoe Kravitz, Reese Witherspoon et Shailene Woodley posent avec le prix de la meilleure mini-série télévisée obtenue pour — Jordan Strauss/AP/SIPA
  • Presque tous les participants à la soirée des Golden Globes portaient du noir, répondant à l’appel d’actrices et de l’organisation Time’s Up fondée par de grands noms féminins d’Hollywood comme Natalie Portman et Jessica Chastain pour financer la défense de victimes d’abus sexuels au travail.
  • Le maître de cérémonie Seth Meyer n’a pas épargné Harvey Weinstein, par qui le scandale est arrivé l’année dernière.
  • Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Elisabeth Moss ou encore Oprah Winfrey ont salué le courage de celles et ceux qui ont osé briser l’omerta à Hollywood.

« Il faut qu’on parle de l’éléphant qui n’est pas dans la salle, Harvey Weinstein. Il reviendra dans 20 ans et sera hué dans le segment des disparus de l’année », a ironisé le maître de cérémonie des Golden Globes 2018, Seth Meyer. Le ton de la soirée est donné.

« Ca fait des années que les hommes blancs n’ont pas été aussi nerveux à Hollywood »

Hollywood a parlé d’une seule voix dimanche pour appeler à changer la culture sexiste du cinéma et à lutter contre les crimes sexuels.
« Bonjour mesdames et les hommes qui restent », « ça fait des années que les hommes blancs n’ont pas été aussi nerveux à Hollywood », a auparavant déclaré Seth Meyers pour ouvrir les festivités. « On est en 2018, la marijuana est finalement autorisée et le harcèlement sexuel ne l’est plus », a-t-il ajouté.

Le producteur déchu Harvey Weinstein a été accusé par plus de 100 femmes de harcèlement, agressions sexuelles ou viols. Depuis ces révélations en octobre, une litanie de personnalités d’Hollywood comme les acteurs Kevin Spacey, Dustin Hoffman ou Jeffrey Tambor, les producteurs et cinéastes Brett Ratner et John Lasseter, ont à leur tour été accusés d’abus sexuels.

« Wow, le pouvoir des femmes ! » s’exclame Nicole Kidman

C’est Nicole Kidman qui a emporté le premier prix de la soirée, couronnée meilleure actrice dans une minisérie pour « Big Little Lies », dans lequel elle joue une femme battue par son mari. Elle a rendu hommage à ses co-stars en particulier à la coproductrice, comme elle, de la minisérie, Reese Witherspoon. « Wow, le pouvoir des femmes ! » a-t-elle déclaré en recevant le 4ème Globe de sa carrière.

« Je suis persuadée et j’espère vraiment que nous pouvons provoquer des changements grâce aux histoires que nous racontons et à la façon dont nous les racontons », a conclu l’actrice.

Sur la même longueur d’onde, l’actrice Reese Witherspoon a salué celles et ceux qui ont eu le courage de briser l’omerta.
« Je voudrais remercier tous ceux qui ont brisé la loi du silence l’année dernière, qui ont osé parler d’abus, d’harcèlement. Vous êtes si courageux ! (…) Time’s up [l’heure a sonné], nous vous entendons, nous vous voyons et nous raconterons vos histoires » s’est-elle exclamée sous les applaudissements de la salle.

Elisabeth Moss dédie son prix aux femmes courageuses

« La servante écarlate », qui dépeint un monde apocalyptique où les Etats-Unis sont aux mains d’une secte fondamentaliste maintenant les femmes fertiles en esclavage, a remporté la statuette de meilleure série dramatique. Son créateur Bruce Miller a encouragé à continuer « tous ceux et celles qui font ce qu’ils peuvent pour que "La servante écarlate" ne devienne pas réalité » alors que beaucoup dénoncent les atteintes aux droits des femmes aux Etats-Unis.

Sans surprise, son interprète principale Elisabeth Moss qui a déjà accumulé une brassée de prix pour ce rôle, a gagné le prix de la meilleure actrice dans une série dramatique, dédié à Margaret Atwood, auteure du roman dont est adaptée la série.
« C’est pour vous et les femmes (…) suffisamment courageuses pour s’élever contre l’intolérance et l’injustice », a affirmé la comédienne scientologue.

« Un combat pour qu’un jour, plus personne n’ait à dire "moi aussi" »

Récompensée du Cecil B. DeMille Award pour l’ensemble de sa carrière, la reine de la télévision américaine Oprah Winfrey a délivré un discours engagé. « Pendant trop longtemps, les femmes n’ont pas été écoutées ou crues. Je veux que ce soir, toutes les filles qui regardent sachent qu’un jour nouveau se lève. Des femmes magnifiques et des hommes phénoménaux mènent le combat pour qu’un jour, plus personne n’ait à dire "moi aussi" », a lancé devant l’assemblée hollywoodienne, celle qui pourrait peut-être devenir un jour la première présidente des Etats-Unis.

Barbra Streisand, venue remettre le dernier prix de la soirée, a conclu en beauté une cérémonie très engagée. « Je suis la seule femme à avoir gagné le Golden Globe du meilleur réalisateur. C’était il y a 34 ans, time’s up [l’heure a sonné] », a-t-elle insisté devant une salle debout.

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Pour protester, presque tous les participants à la soirée portaient également du noir, répondant à l’appel d’actrices et de l’organisation Time’s Up fondée par de grands noms féminins d’Hollywood comme Natalie Portman et Jessica Chastain pour financer la défense de victimes d’abus sexuels au travail.