La liberté d'expression devient «un produit de luxe», regrette Riss

SECURITE Le directeur de la rédaction de « Charlie Hebdo » déplore le coût consacré à la sécurisation du journal…

L.B. avec AFP

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Riss, le directeur de «Charlie Hebdo», le 26 novembre 2015.
Riss, le directeur de «Charlie Hebdo», le 26 novembre 2015. — JOEL SAGET / AFP

Trois ans après l’attentat dont a été victime Charlie Hebdo, le directeur de la rédaction Riss regrette que la liberté d’expression devienne « un produit de luxe ». Il déplore le coût consacré à la sécurisation du journal, dans un numéro à paraître mercredi. « Chaque semaine, au moins 15.000 exemplaires, soit près de 800.000 exemplaires par an, doivent être vendus uniquement pour payer la sécurisation des locaux de Charlie Hebdo », écrit Riss dans un édito intitulé « Liberté d’expression, combien ça coûte ? ».

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La cible d’une attaque djihadiste

« Est-il normal pour un journal d’un pays démocratique que plus d’un exemplaire sur deux vendus en kiosque finance la sécurité des locaux et des journalistes qui y travaillent ? Quel autre média en France doit investir autant d’argent pour lui permettre d’user de cette liberté fondamentale qu’est la liberté d’expression ? », s’interroge-t-il.

« Cette liberté, vitale et indissociable de notre démocratie, est en train de devenir un produit de luxe, comme le sont les voitures de sport ou les rivières de diamants de la place Vendôme, et dont seuls les médias fortunés pourront jouir à l’avenir », regrette le directeur. Le 7 janvier 2015, l’hebdomadaire satirique a été la cible d’une attaque djihadiste, lors de laquelle deux hommes armés ont exécuté 11 personnes dans les locaux parisiens du journal.

Parmi les victimes, des figures emblématiques du journal comme Cabu, Wolinksi, Honoré, Tignous, l’ex-directeur de la rédaction Charb, ou l’économiste Bernard Maris. « Trois ans dans une boîte de conserve » titre le numéro anniversaire de mercredi. Sur la une, un dessin de Riss montre la porte d’un bunker où est inscrit « Charlie Hebdo », et où quelqu’un dit à travers un fenestron entrouvert : « Le calendrier de Daesh ? On a déjà donné. »

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« Toujours Charlie »

Le journal publie notamment un récit de la tuerie par le journaliste Fabrice Nicolino, intitulé « Ce que ces trois années ont vraiment changé ».

« Le 7 janvier 2015 nous a propulsés dans un monde nouveau, fait de policiers en armes, de sas et de portes blindées, de trouille, de mort. Et cela en plein Paris, et cela dans des conditions qui n’honorent pas la République française. Est-ce qu’on se marre quand même ? Oui », raconte-t-il. Des hommages sont prévus avec une journée « Toujours Charlie » samedi, organisée par la Licra, le comité Laïcité République et le Printemps républicain, avec débats, table-ronde et concert aux Folies Bergères à Paris.

Dimanche, un rassemblement est organisé place de la République à l’appel du Mouvement pour la Paix et contre le Terrorisme (MPCT).