Alsace: Comment réussir à faire marrer dans un repas de Noël? On demande à la Revue Scoute

BLAGUE A PART Parce que l'ambiance peut parfois tourner au vinaigre dans les repas de famille des fêtes, «20 Minutes» a demandé à des humoristes alsaciens comment s'y prendre pour faire de (bonnes) blagues...

Bruno Poussard
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Pas toujours facile d'être drôle en plein de repas de Noël en famille. Illustration
Pas toujours facile d'être drôle en plein de repas de Noël en famille. Illustration — Jill111/Pixabay/Creative Commons.

Qui n’a jamais connu un moment malaisant en plein repas de Noël en famille ? Sans même ressortir de vieux clichés sur un oncle ou un beau-frère, il n’est pas rare que ça dérape au moment du dessert, un verre de trop aidant… En même temps, peut-on vraiment faire marrer dans ces instants ? 20 Minutes a demandé à des spécialistes alsaciens.

En pleine finition de l’écriture du 34e spectacle de la traditionnelle (satirique) Revue Scoute dont le coup d’envoi sera donné le 13 janvier sur la scène de la salle des fêtes de Schiltigheim (lire en bas), ses membres sont souvent sollicités pour faire des blagues, en public comme en privé. « Il faut tout prendre de façon légère », conseille Denis Germain pour Noël.

« Quand le beau-frère commence un débat politique en fin de repas, c’est là qu’il faut tourner le sujet en dérision… ou lui resservir un verre ! »

« Au moment où t’es rincé, la plupart des vannes ne sont pas bonnes »

Mais être drôle n’est pas forcément inné. Ni donné à chacun. « C’est vrai que la plupart des vannes des repas de Noël ne sont pas bonnes, surtout au moment où t’es rincé, se marre la comédienne Patricia Weller, qui assume parfois se planter hors scène. J’aimerais bien qu’on me fasse plus rire à ce moment-là ! » Y a-t-il une recette, alors ?

« L’approche n’est pas du tout la même, mais il faut savoir comment aborder le sujet, le détourner », répond Daniel Chambet-Ithier, metteur en scène (et auteur, et comédien) de la Revue Scoute. En vue d’un sketch sur les onze vaccins devenus obligatoires, les Alsaciens doivent par exemple trouver comment le dire sans être premier degré pour leur public.

L'affiche de la revue Scoute édition 2018,
L'affiche de la revue Scoute édition 2018, - B. Poussard / 20 Minutes.

Rester soi-même, bien choisir ses sujets et son degré d’humour

La stratégie ne serait finalement pas si différente, avec des thématiques intéressantes et des angles d’attaque inattendus à trouver. Mais le contexte, lui, l’est. Donc les sujets devraient aussi ? « Il faut peut-être trouver des sujets plus intimes, plus proches de la famille dans ces repas », recommande Bruno Uytter, chorégraphe du spectacle.

« C’est aussi une histoire de caractère, embraye ce dernier. Certains sont des boute-en-train naturels, d’autres sont plus pince-sans-rire. » Se prendre pour quelqu’un d’autre, un grand humoriste par exemple, n’est probablement la meilleure idée. Mieux vaut donc ne pas se renier et rester soi-même. Tout en s’adaptant à ses voisins, autre clé.

La Revue Scoute, pour sa part, propose souvent différents niveaux de lecture. Souvent subtiles à l’écriture, certaines vannes sont plus difficiles à décoder que d’autres. « Il faut savoir jusqu’à quel degré on peut aller », termine Bruno Uytter. Lui aime rester sérieux en racontant une grosse connerie, par exemple. « Mais personne n’est à l’abri du flop ! »

A partir du 13 janvier. Le spectacle « Hashtag la vista baby » de la Revue scoute sera joué à Schiltigheim du 13 janvier au 18 février, puis du 6 au 25 mars. Les billets sont d’ores et déjà en vente sur la billetterie en ligne. Les huit comédiens et les musiciens partiront ensuite en tournée dans la région jusqu’en mai, et jusqu’à Ribeauvillé ou Bitche. Parmi les sujets abordés cette année : la  vignette Crit’Air, le glyphosate, les abeilles, les Paradise papers, le harcèlement sexuel, Bernard Henri-Lévy, l’écriture inclusive, les nouveaux vaccins obligatoires, la philosophie à la télé…