«Assurer un genre de résistance culturelle»

SALON DU LIVRE Interview de l'écrivaine libanaise Carole Dagher...

Propos recueillis par Pauline Mouhanna

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Certains Etats arabes ont décidé de boycotter le Salon du ivre de Paris dont Israël est l'invité d'honneur. Carole Dagher, libanaise, a annulé la signature de son livre La princesse des Batignolles (Ed. du Rocher) en soutien au boycott.
 
Le Liban ne participe pas au Salon du livre cette année. Soutenez-vous cette décision?


Oui, et d'ailleurs, en guise de soutien, j’ai annulé la signature de mon livre La princesse des Batignolles (Ed. du Rocher). Cependant, je me rendrai au Salon pour passer sur le stand de mon éditeur. Mais je m’abstiens de toute participation aux événements culturels. Si mon pays a pris cette décision, je considère que par signe de solidarité, je dois respecter sa volonté.
 
Vous protestez contre le Salon, en signe de solidarité, mais approuvez-vous l'idée du boycott?

Je trouve dommage qu’on ne puisse pas faire entendre notre voix. En effet, à travers notre participation, on peut mettre en avant la littérature libanaise et arabe. On assure ainsi un genre de résistance culturelle. Je regrette aussi qu'on ne puisse pas diffuser les livres et les films libanais, qui ont suivi la guerre menée au Liban par Israël contre le Hezbollah de l'été 2006. J’aurais voulu que tous les participants du Salon comprennent les souffrances et les atrocités cette guerre, qui a fait beaucoup de victimes civiles.