Vénus Khoury Ghata: «Le boycott n'est pas raisonnable»

SALON DU LIVRE Interview de la romancière libanaise...

Propos recueillis par Pauline Mouhanna

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Certains Etats arabes ont décidé de boycotter le Salon du livre de Paris dont Israël est l'invité d'honneur. Pas Vénus Khoury Ghata, romancière originaire du Liban, qui a décidé de participer au Salon.
 
Vous avez décidé de participer au Salon malgré le boycott de votre pays d’origine le Liban. Pourquoi?


Je considère que la décision prise par le Liban et les pays arabes n'est pas raisonnable. Ce qui me semble critiquable c'est le fait de donner au Salon du livre une connotation politique. Mais, tous ceux qui s'y rendent savent pertinemment que le Salon est tellement immense qu'on ne verra même pas l’invité. L'année dernière, l'Italie était à l'honneur, on ne s'en est même pas aperçu.
 
Mais pour le Liban, le boycott vise à démontrer son refus de fêter le 60e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël. Qu’en pensez-vous?

Je comprends que ce choix puisse sembler critiquable, étant donné que pour les Palestiniens, la création de l’Etat d’Israël évoque le souvenir épouvantable de la Naqba [la catastrophe en arabe, ndlr]. Mais je tiens à rappeler que parmi les écrivains israéliens invités au Salon, il y a des personnes qui oeuvrent pour la paix. Amos Oz ou David Grossman sont très critiques avec les orientations de leur pays. Il faut permettre à ces personnes d'être écoutées. La paix doit avoir son mot à dire et c'est la littérature qui lui permet de s'exprimer.