Décès de Johnny Hallyday: Johnny et la religion, entre excommunication évitée et spiritualité en dehors des dogmes

CULTES Ce samedi, une cérémonie en l’honneur de Johnny Hallyday se tient en l’église de la Madeleine, à Paris. Retour sur le rapport de la star à la religion, en coulisses et en chansons…

Fabien Randanne

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Johnny Hallyday, le 1er septembre 2017, aux obsèques de Mireille Darc à l'église Saint-Sulpice (Paris).
Johnny Hallyday, le 1er septembre 2017, aux obsèques de Mireille Darc à l'église Saint-Sulpice (Paris). — Viktor/SIPA

Il y aura l’hommage populaire et une pincée de religion. Samedi après-midi, l’église de la Madeleine accueillera une cérémonie en l’honneur de Johnny Hallyday. Elle se tiendra a un kilomètre de l’église de la Trinité où il avait été baptisé à l’âge de 1 an, en 1944, comme l’indique La Croix.

En interview, la star avait l’habitude de se dire « croyant mais pas pratiquant ». « Il faut croire car si l’on ne croit en rien on finit par tourner en rond. Ça donne de l’espoir de croire en quelque chose. Je crois en Dieu, c’est vrai, mais je ne suis pas pour l’Eglise », déclarait-il sur France Inter en 2002.

« Je ne crois pas en l'Eglise, pas aux dogmes »

Onze ans plus tard, dans son autobiographie, Dans mes yeux, coécrite avec Amanda Sthers, il précisait sa conception de la spiritualité : « Je pense qu’il y a quelqu’un, un être qui nous a créés. Je ne crois pas en l’Eglise, pas aux dogmes. Je ne peux concevoir que cette puissance créatrice soit liée à la bonté. Je n’avale pas leurs excuses pour expliquer qu’il y a des trésors d’un côté et des gens qui meurent de faim de l’autre. »

Plusieurs textes des chansons qu’il a interprétées font référence plus ou moins directement, à la religion. « J’attendrais qu’au ciel tu viennes me retrouver », concluait sa chanson Marie écrite par Gérald De Palmas. Si j’étais un charpentier, sorti en 1966, se référait directement à la Bible : « Si tu t’appelais Marie, voudrais-tu alors m’épouser et porter notre enfant ? »

« Je suis sûr que Jésus, lui, ne m'en veut pas »

Et puis il y a Jésus-Christ que Philippe Labro lui a livré en 1970. Alors que les effluves du Summer of Love ne sont pas encore dissipées, le Messie y est comparé à un hippie. « S’il existe encore aujourd’hui, il doit vivre aux Etats-Unis. (…) Autour de son front un bandeau, il est barbu et chevelu (…) il aime les filles aux seins nus, il est né à San Francisco », disent les paroles. Scandale dans la France de Pompidou. L’ORTF, l’unique chaîne de télé de l’époque, la censure et des magasins refusent de vendre le disque. Le Vatican menace même le parolier et l’interprète d’excommunication.

« On peut me faire ce qu’on voudra, je resterai chrétien, rétorque alors l’artiste du haut de ses 27 ans. Je suis sûr que Jésus, lui, ne m’en veut pas. Il sait que je n’ai pas voulu l’insulter ni le tourner en dérision, et cela seul compte pour moi. » Ainsi le Dieu de la scène est-il resté en odeur de sainteté.

*La majorité des citations de cet article sont extraites du livre Paroles de Johnny, de Stéphane Deschamps et Frank Margerin (Chronique Editions).