Traité d'«abruti» par JoeyStarr, le réalisateur de «Colt 45» balance que le rappeur «n'a jamais été sobre» sur le tournage

CINEMA Après que JoeyStarr a traité Fabrice du Welz d'« abruti » sur le plateau d'« On n’est pas couché » samedi, le réalisateur a tenu à donner sa version des faits sur leur altercation lors du tournage de « Colt 45 »…

F.R.

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JoeyStarr dans «Colt 45».
JoeyStarr dans «Colt 45». — La petite reine/Roger Arpajou

« Du Welz, c’est un abruti. Le mec, il ne s’est même pas rendu compte que tout le monde avait envie de lui décrocher la tête avec les dents. » C’est ainsi que JoeyStarr a relaté samedi dans On n’est pas couché son expérience avec le réalisateur de Colt 45.

Dans son livre, Le monde de demain, qu’il était venu promouvoir sur France 2, l’ex-membre de NTM et acteur a écrit quelques lignes sur ce tournage compliqué : « Un jour, entre deux prises, alors que je suis en train de discuter avec un jeune comédien, le réalisateur se jette sur moi et me hurle de fermer ma gueule. Waow. A qui tu parles, là?Instantanément, un attroupement se fait. (…) J’ai enlevé mon costume : "Tu sais quoi ? Tu vas te démerder tout seul. Je sais pas à qui tu parles, mais c’est pas à moi, je crois pas." Et je suis parti. »

JoeyStarr « incapable de tenir droit »

Face à cette séquence, le réalisateur belge a tenu à donner sa version des faits. « Je ne cherche pas à revenir sur une expérience de tournage pénible, aux dysfonctionnements hallucinants ni à mettre de l'huile sur le feu, mais se faire traiter de "débile" par Didier Morville [le nom de JoeyStarr à l’Etat civil] chez Ruquier est quelque chose qui mérite au moins un droit de réponse », a écrit dimanche Fabrice du Welz sur Instagram.

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Suite à l'émission du samedi 2 Décembre de Laurent Ruquier où Joeystarr et Philippe Manoeuvre étaient les invités, Joeystarr a tenu à mon égard des propos insultants. Je ne cherche pas à revenir sur une expérience de tournage pénible, aux dysfonctionnements hallucinants ni à mettre de l'huile sur le feu, mais se faire traiter de "débile" par Didier Morville chez Ruquier est quelque chose qui mérite au moins un droit de réponse. J'ai très certainement ma part de responsabilité dans le naufrage de cette production, mais croyez-moi, je voulais faire un bon film. J'y croyais mais ce que j'ai vu, jour après jour dépassait l'entendement ... Joeystarr - qui était payé la somme rondelette de 50 000 euros par jour de tournage - n'a jamais été sobre lors de ses 6 jours de tournage. Il était au mieux ivre, au pire sous emprise chimique (puissante) qu'il prenait entre les prises ... Je me moque de ce qu'il fait de sa vie mais sur un plateau de cinéma où il était censé incarner un spécialiste du tir de combat, vif et rapide vous conviendrez que c'est un problème. Mon plan de travail a été réduit par la production afin de payer les deux vedettes du film; Gérard Lanvin et Joeystarr (qui refusaient de revenir sur leurs salaires), au dépens de mon scénario qui a subi de nombreuses coupes et détériorations. Ce climat anxiogène a crée de vives tensions entre la production, les deux acteurs et moi-même ... Mon tort est d'avoir pensé que le producteur principal rajouterait des jours de tournage après avoir vu un premier montage, comme il le fait généralement sur ses films. Ca n'a pas été le cas, malheureusement. J’ai tenté de tourner le film que j'avais en tête, avec passion, comme à mon habitude et je me suis heurté à ce que j'ai vu de pire dans la production française actuelle et à deux acteurs vedettes fainéants, ivres d'eux-mêmes et incapables, pour l'un de retenir son texte et pour l'autre, de tenir droit ... Mon altercation avec Joeystarr a été violente et elle ne s'est pas passé comme il la raconte. Il se donne le beau rôle et le dernier mot, il en a le droit, il est médiatique mais ce n’est pas pour autant la vérité. Et puis, dis grand, t’as pas autre chose à foutre?

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Tout en disant avoit « très certainement [sa] part de responsabilité dans le naufrage de cette production », il avance que « Joeystarr - qui était payé la somme rondelette de 50.000 euros par jour de tournage - n'a jamais été sobre lors de ses six jours de tournage. Il était au mieux ivre, au pire sous emprise chimique (puissante) qu'il prenait entre les prises... » Et d’ajouter : « Je me moque de ce qu'il fait de sa vie mais sur un plateau de cinéma où il était censé incarner un spécialiste du tir de combat, vif et rapide vous conviendrez que c'est un problème. »

Le cinéaste mentionne ensuite des problèmes liés aux salaires des acteur principaux, JoeyStarr et Gérard Lanvin, pour lesquels il a dû réduire son plan de travail et consentir à d’importantes modifications du scénario. « Ce climat anxiogène a crée de vives tensions entre la production, les deux acteurs et moi-même, écrit Fabrice du Welz. (…) J’ai tenté de tourner le film que j'avais en tête, avec passion, comme à mon habitude et je me suis heurté à ce que j'ai vu de pire dans la production française actuelle et à deux acteurs vedettes fainéants, ivres d'eux-mêmes et incapables, pour l'un de retenir son texte et pour l'autre, de tenir droit... »

« Dis, grand, t'as pas autre chose à foutre »

Le réalisateur affirme ensuite que son altercation avec JoeyStarr « a été violente », mais « ne sait pas passée comme il la raconte » : « Il se donne le beau rôle et le dernier mot, il en a le droit, il est médiatique mais ce n’est pas pour autant la vérité. » Et de conclure : « Et puis, dis grand, t’as pas autre chose à foutre? »

Voilà qui éclaire un peu plus pourquoi Colt 45, qui a rassemblé seulement 65.400 spectateurs dans les salles françaises était un polar bancal, même s’il n’était pas dénué de qualités. Depuis, Fabrice du Welz, révélé en 2005 avec le très bon Calvaire, a tenté sa chance aux Etats-Unis avec Message From The King, sorti en mai (60.700 entrées seulement) et prépare Adoration, un long métrage avec Béatrice Dalle, Emmanuelle Béart et Benoît Poelvoorde.