Spotify collabore avec Stromae et une intelligence artificielle pour un nouvel album

MUSIQUE Une première mondiale selon la plateforme suédoise…

20 Minutes avec AFP

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Spotify a annoncé vendredi la sortie des deux premiers morceaux d'un album de musique composé par plusieurs artistes dont le Belge Stromae avec l'aide de technologies d'intelligence artificielle
Spotify a annoncé vendredi la sortie des deux premiers morceaux d'un album de musique composé par plusieurs artistes dont le Belge Stromae avec l'aide de technologies d'intelligence artificielle — Simon Decleves/SIPA

Quand l’homme collabore avec la machine. Spotify a annoncé ce vendredi la sortie des deux premiers morceaux d’un album de musique composé par plusieurs artistes dont le Belge  Stromae avec l’aide de technologies d’intelligence artificielle, ce qui constitue une première mondiale selon la plateforme suédoise.

Cet album, appelé Hello World, et produit par le label indépendant Flow Records, est l’aboutissement d’un projet de recherche scientifique baptisé « Flow Machines », a expliqué à l’AFP François Pachet, ancien directeur du Computer science laboratory (CSL) de Sony, et qui a rejoint Spotify l’an dernier.

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Générer des mélodies et des voix

Si des morceaux de style expérimental ont déjà été réalisés à l’aide d’ordinateurs, la sortie d’un album de musique mainstream (pop, électro, jazz…) créé par des artistes avec l’aide d’une intelligence artificielle, est une première mondiale, dit-il.

L’un des deux titres dévoilés ce vendredi est Hello Shadow, un morceau au rythme dance co-composé par Stromae et interprété par la chanteuse canadienne Kiesza.

L’intelligence artificielle a permis aux artistes sollicités de générer tantôt des mélodies ou des harmonies, ou des voix, à partir de morceaux ou d’extraits musicaux qu’ils soumettaient à des logiciels. Ils pouvaient ensuite utiliser les éléments obtenus, les modifier ou les abandonner au gré de leur processus créatif.

« Il ne s’agissait pas du tout de cantonner les artistes dans un rôle de spectateur », mais « de voir comment on peut faire des outils qui les aident, en les poussant à faire des choses nouvelles et différentes », assure François Pachet.

Des technologies entre les mains d’artistes professionnels

Le chercheur et informaticien a lancé Flow Machines au sein du CSL et de l’Université Pierre et Marie Curie, à Paris, en visant au départ à « développer des technologies d’intelligence pour comprendre la notion de style dans des œuvres ». Puis son équipe de Flow Machines a voulu mettre ces technologies entre les mains d’artistes professionnels.

Et après avoir mis en ligne un premier morceau (Daddy’s car) l’an dernier, elle s’est donnée pour défi de créer un album entier et de le commercialiser.

Pour lui, « de la même manière que le synthétiseur a révolutionné la musique dans les années 1980 », l’utilisation de l’intelligence artificielle « est la prochaine étape dans l’évolution des outils d’aide à la création musicale, et va produire des environnements très nouveaux et stimulants ».

Pour cet album, Benoît Carré alias Skygge, membre de l’équipe et ancien du groupe Lilicub, a choisi les artistes et collaboré à plusieurs des titres.

L’album sera distribué sur les principales plateformes en ligne et en cas de succès, peut-être sous forme de vinyle, espère François Pachet.