VIDEO. Marseille: «À 15 ans j’étais déjà convaincu que le rap était la musique du peuple», Alonzo, en concert au Dôme

RAP Le rappeur Alonzo donne un concert à guichets fermés ce vendredi soir au Dôme de Marseille…

Propos recueillis par Adrien Max

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Alonzo lors du concert Urban Peace 3.
Alonzo lors du concert Urban Peace 3. — PIERRE ANDRIEU / AFP
  • Le rappeur Alonzo donne un concert à guichets fermés ce vendredi soir au Dôme de Marseille.
  • Après deux opus mitigés, ses trois derniers albums rencontrent le succès.
  • Avec 100 %, son dernier album, il revient avec des morceaux à thèmes, comme à l’époque de Psy4 de la rime.

Le rappeur Alonzo donne ce vendredi soir un concert au Dôme de Marseille, sa ville natale. Ancien membre des Psy4 de la rime, Alonzo a commencé sa carrière en solo en 2009. Après deux premiers opus en demi-teinte, il connaît le succès avec ses trois derniers albums. Le dernier, 100 %, sorti en août dernier s’est classé disque d’or en deux semaines. Alors que ses fans attendaient l’ouverture des portes près de 6 heures avant le début du concert, Alonzo s’est confié à 20 Minutes.

Les fans attendaient près de 6 heures avant le concert d'Alonzo à Marseille.
Les fans attendaient près de 6 heures avant le concert d'Alonzo à Marseille. - Adrien Max / 20 Minutes

Alonzo, qu’est ce que ça fait de remplir le Dôme (8.500 places) pour ce concert ?

C’est la troisième fois que je me produis ici tout seul. J’avais déjà l’habitude de faire des concerts avec les Psy4, ici c’est la maison. C’est une ambiance spéciale, je vais mettre le cœur à l’ouvrage d’autant plus que l’album a connu le succès donc j’imagine que les gens vont kiffer. En tout cas c’est une grande fierté.

Justement, explique-nous le succès de votre dernier album 100 % ?

A l’époque de Psy4 on a fait des albums dans lesquels on avait l’habitude de chanter, on invitait des gens qui n’étaient pas rappeur, on faisait des refrains chantés. Moi j’étais plutôt le côté street du groupe. Les deux albums précédents étaient dans cette trempe, avec beaucoup d’egotrips. Avec 100 %, j’ai voulu revenir à ce qu’on faisait avec Psy4, avec des morceaux à thèmes, par exemple Papa Allo, dans lequel je parle de mon fils, ou le morceau avec Amel Bent.

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Comment expliquer ce changement ?

C’est surtout le moment qui inspire mes écrits. Après les deux premiers albums mitigés j’avais l’esprit assez revanchard je suis allé vers l’égotrip, et ça a fonctionné. Grâce à ce succès j’étais moins revanchard. J’ai 35 ans et des enfants, ça m’a apaisé.

Comment avez-vous vécu votre passage à vide entre la fin de Psy4 et le retour des succès ?

Ce n’est pas comme si j’avais 21 ans. J’avais déjà connu le succès, j’avais tourné dans le monde entier. Mais surtout j’ai un entourage en béton, je pense notamment à ma femme. Il faut continuer de croire en son talent, et surtout continuer de bosser. Certains artistes font un album, puis deux, et s’effondrent. Je préfère avoir un peu galéré sur les deux premiers, et connaître le succès avec les trois suivants.

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Est-ce que Soprano (son cousin) a également joué un rôle ? Quelle est votre relation ?

Bien sûr, les Psy4 c’est ma deuxième famille. Avec Soprano on a les mêmes managers, les mêmes équipes. On se voit tout le temps. Ce soir il sera là, moi j’étais à son concert au Vélodrome. Ça fait plus de 20 ans qu’on partage cette passion.

Comment a évolué ton public depuis Psy4 de la rime ?

Désormais c’est plus monsieur tout le monde qui vient à mes concerts. Quand j’ai commencé dans les années 1990, c’était des petites scènes, avec uniquement des passionnés de rap. Maintenant tout le monde écoute cette musique, les gens en ont moins peur. Soprano rempli le Vélodrome, c’est le meilleur exemple. Je suis très fier de ça parce que quand j’ai commencé ma famille pensait que ça allait disparaître. A 15 ans, j’étais déjà convaincu que le rap était la musique du peuple. Aujourd’hui j’arrive à toucher les enfants de mes premiers fans.

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Vous qui êtes originaire des quartiers Nord, comment percevez-vous leurs évolutions ?

Je ne vis plus dans les quartiers Nord, mais ma mère n’a jamais voulu en partir. Elle y a toutes ses habitudes et je lui rends souvent visite, ça me rappelle mon enfance. Pour moi les quartiers Nord ont évolué avec l’évolution de la société. On est devenu un peuple de consommateurs, on veut que tout arrive vite et on perd de plus en plus la notion de respect. Même ce qu’on voit voir à la télévision, avec la téléréalité. Attention, je ne critique pas, chacun est libre, mais pour moi ce sont des reflets de la société.