Culture

Un Man Ray à l'américaine

La nouvelle exposition à la Pinacothèque de Paris est emblématique de l'esprit de ce lieu ouvert en juin 2007. L'« Atelier Man Ray », à découvrir jusqu'au 1er juin, est une coproduction internationale entièrement basée sur les collections d'une fonda...

La nouvelle exposition à la Pinacothèque de Paris est emblématique de l'esprit de ce lieu ouvert en juin 2007. L'« Atelier Man Ray », à découvrir jusqu'au 1er juin, est une coproduction internationale entièrement basée sur les collections d'une fondation privée, le Man Ray Trust. « Je ne sais pas si nous sommes le plus américain des musées parisiens, mais le moins français, oui sans doute », s'amuse Marc Restellini, directeur de la Pinacothèque. L'ancien créateur du musée du Luxembourg a renouvelé la formule avec succès : un lieu emblématique (la place de la Madeleine), pas de collection permanente encombrante, un marketing efficace et des équipes réduites. La Pinacothèque a attiré 380 000 personnes en six mois, et Marc Restillini pense « mettre les comptes à l'équilibre dès cette année ».

L'exposition « Atelier Man Ray » exploite au mieux les espaces réduits du lieu et jette un regard à la fois inédit et complet sur l'oeuvre du photographe surréaliste. La Pinacothèque suit ainsi un adage bien connu : les petites expositions sont les plus rentables. Car moins il y a d'objets, moins les frais d'assurances, première dépense des musées privés, sont élevés.

Sobre dans sa scénographie, mais brillante au regard de la variété des oeuvres présentées, L'« Atelier Man Ray » est tout à fait américaine dans son esprit. A un détail près : l'absence de mécène. « Le sponsoring en France coûte aux musées leur liberté, explique Marc Restellini. Une société énergétique nous offrait 450 000 euros, mais voulait que soit inscrit sur les affiches de l'exposition "La société Untel présente l'exposition..." J'ai refusé, évidemment. »