Assises du livre numérique: la lecture toujours plus forte que les écrans

LOISIRS Le secteur du livre papier est en bonne santé et le livre numérique progresse…

Coralie Lemke

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Les Français ne se disent pas distraits par les réseaux sociaux pendant qu'ils lisent.
Les Français ne se disent pas distraits par les réseaux sociaux pendant qu'ils lisent. — A.Ghazzal/Shuttersto/SIPA

Dans le salon, il y a la PS4 posée sous la télévision, le portable sur un coussin qui vibre à chaque notification Whatsapp et votre page Facebook ouverte sur votre ordi. Pourtant, malgré tous les écrans et les réseaux sociaux qui se sont installés dans notre habitat, la lecture se porte bien. Pour 82% des Français, les réseaux sociaux et les médias ne sont pas un obstacle à la lecture. C’est le résultat d’une étude menée par OpinionWay pour Chaï à l'occasion des Assises du livre numérique qui se tiennent à Paris ce 23 novembre. Un chiffre qui monte même à 84% pour les moins de 35 ans, pourtant réputés pour être accros à internet.

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Une nette progression du numérique

Sur le marché, le livre numérique enregistre une forte progression chaque année. « Il représente 6,5% des ventes annuelles. Le chiffre peut paraître bas, mais il faut bien se dire qu’il est en constante progression, d’environ 30% chaque année. Et ce de manière constante », explique Pierre Dutilleul, directeur du Syndicat national des éditeurs (SNE) et ancien directeur de maisons d’éditons comme Plon ou Robert Laffont. Il évoque le succès du livre numérique aux Etats-Unis, où il correspond « à environ 15% des ventes. »

Le livre papier bien installé

En France, le livre papier reste toutefois bien installé sur le marché, avec 93,5% de parts de marché selon l’étude annuelle du SNE publiée en 2016. Pierre Dutilleul voit plusieurs raisons à cela. « En France, notre réseau de libraires est très dense. Il suffit de descendre en bas de chez soi ou presque pour trouver un point de vente de livres. » L’objet-livre en lui-même reste également très prisé. « En France, nous sommes attachés aux belles bibliothèques dans lesquels on glisse des romans », explique Vincent Monadé, président du Centre national du livre (CNL). « Les seuls ouvrages qui ont vraiment basculé du côté numérique sont les livres professionnels très encombrants, comme le code Dalloz pour les juristes ou le Vidal pour les médecins. »

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Enfin, Pierre Dutilleul y voit un confort de lecture indéniable. « Difficile de lire sur la longueur sur un écran de téléphone… » Voilà peut-être pourquoi parmi les personnes qui abandonnent la moitié de leurs livres en cours de lecture (1 personnes sur 3), 48% seraient intéressés par une technologie permettant de basculer le livre vers une plate-forme audio selon l’étude d’OpinionWay. Une façon de continuer à consommer des livres tout en faisant autre chose en même temps.