Mort de Johnny Hallyday: Du western spaghetti aux gunfights à Macao, Hallyday acteur en cinq films

CINEMA La filmographie de la star, décédée dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 74 ans d’un cancer du poumon, compte une vingtaine de titres. « 20 Minutes » en a sélectionné cinq…

Fabien Randanne

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Johnny Hallyday dans «Vengeance» de Johnnie To, sorti en 2009.
Johnny Hallyday dans «Vengeance» de Johnnie To, sorti en 2009. — NANA PRODUCTIONS/SIPA
  • Johnny Hallyday a tourné dans « Les Diaboliques », sorti en 1955. Mais pour sa première apparition sur grand écran, il n’était pas crédité au générique.
  • Au fil des décennies, il a joué dans plus d’une vingtaine de films, aussi bien dans le cinéma d’auteur (« Détective » de Godard…) que dans des comédies populaires (« Jean-Philippe » de Laurent Tuel…)…
  • Dans plusieurs films (« L’aventure, c’est l’aventure », « Paparazzi », « Rock’n’roll »…), il joue son propre rôle.

Pour sa première apparition devant un grand public, il avait à peine 9 ans. C’était au cinéma, dans Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot. Johnny Hallyday était encore Jean-Philippe Smet, mais de toute façon, son nom ne figurait pas au générique puisqu’il était simple figurant dans ce film mené par Paul Meurisse et Simone Signoret. Son histoire avec le grand écran n’allait pas s’arrêter à cette participation anonyme.

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Hallyday a aussi fait carrière au cinéma, même s’il n’y a jamais glané le même succès que dans sa carrière musicale. Dans sa filmographie riche d’une vingtaine de films, certains titres sont pourtant tout à fait recommandables.

  • « Le Spécialiste » (1969)

Johnny Hallyday a trouvé son premier rôle principal en 1969, dans Le Spécialiste de Sergio Corbucci. Dans ce western spaghetti italo-germano-français – les coproductions internationales sont monnaie courante à l’époque -, il incarne un pistolero prêt à venger son frère lynché après un hold-up. Si le film n’est pas resté dans les annales, il a attiré près de 1.3 million de spectateurs dans les salles françaises.

  • « Détective » (1985)

Johnny Hallyday entre dans la grande famille du cinéma français en 1985, grâce à Détective de Jean-Luc Godard. Il y joue un organisateur de combats de boxe qui a maille à partir avec la mafia et partage l’affiche avec sa compagne de l’époque, Nathalie Baye, et Claude Brasseur. Le film est en lice pour la Palme d’or au Festival de Cannes mais repart bredouille. Ce n’est pas la première fois que Johnny présentait un film sur la Croisette puisque J’ai tout donné, le documentaire que lui a consacré François Reichenbach, a été projeté en ouverture de l’édition 1972.

  • « L’homme du train » (2003)

Johnny Hallyday devra attendre 2003, l’année de ses 60 ans, pour voir ses talents d’acteur récompensés. Il reçoit le prix Jean-Gabin pour L’Homme du train, sorti un an plus tôt. Ironie de l’histoire, ce trophée récompense généralement un espoir du cinéma français. Dans le film de Patrice Leconte, il donne la réplique à Jean Rochefort. Les critiques sont dithyrambiques, mais le face-à-face de ces deux grandes figures n’attire pas le public dans les salles françaises où il dépasse à peine les 265.000 entrées. En revanche, aux Etats-Unis, le film enregistre un succès d’estime avec 2.5 millions de dollars (2 millions d’euros) de recette récoltée pour une sortie dans 85 salles.

  • « Jean-Philippe » (2006)

Fabrice, un fan hardcore de Johnny Hallyday se réveille à l’hôpital… et dans un monde parallèle où son idole n’existe pas. Une fois sur pied, il se met à la recherche de Jean-Philippe Smet et découvre qu’il est propriétaire d’un bowling. L’admirateur entreprend de l’aider à accomplir son destin et à devenir Johnny Hallyday… Jean-Philippe de Laurent Tuel est celui qui pousse à l’extrême l’exercice de style autour du statut d’icône du rockeur. A de nombreuses reprises, Johnny Hallyday s’est amusé de sa propre image en jouant son propre rôle (L’aventure c’est l’aventure de Claude Lelouch en 1972, Paparazzi d’Alain Berbérian en 1998 ; Mishka de Jean-François Stévenin en 2002 ou, en 2017, dans Rock’n’roll de Guillaume Canet) ou… un sosie, comme dans Chacun sa vie de Claude Lelouch sorti cette année. Ou quand Johnny n’est pas seulement acteur, mais aussi le sujet même des films.

  • « Vengeance » (2009)

Suite au désistement d’Alain Delon, Johnny Hallyday reprend le rôle principal du film du chinois Johnnie To. Le réalisateur ne perd pas au change et est peut-être celui qui a réussi à mieux filmer le rockeur, dans tout son mystère et toute son animalité. Johnny y est Francis Costello, un gangster rangé des affaires qui débarque à Macao pour mettre la main sur les assassins de sa fille, Irène. Gunfights au programme.Vengeance concourt au Festival de Cannes 2009, et sort dans la foulée en France. C’est un flop : 95.971 entrées seulement. De toute la filmographie d’Hallyday, il est assurément LE film à (re) découvrir.