Agnès Buzyn n'a jamais «envisagé» ou «évoqué» l'interdiction de la cigarette dans les films français

CINEMA La ministre s'est exprimée cinq jours après le début de la polémique sur la présence de la cigarette sur grand écran... 

20 Minutes avec AFP
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La ministre de la Santé Agnès Buzyn
La ministre de la Santé Agnès Buzyn — JACQUES DEMARTHON / AFP

La cigarette, bientôt bannie du grand écran ?  Une phrase de la ministre de la Santé prononcée la semaine dernière a fait ressurgir le spectre d’une possible interdiction du tabac dans les films, une hypothèse vigoureusement rejetée par le monde du cinéma au nom de la liberté d’expression.

Cinq jours plus tard, face à la polémique, la ministre a effectué une mise au point. « Je n’ai jamais envisagé ni évoqué l’interdiction de la cigarette au cinéma (…). La liberté de création doit être garantie », a-t-elle assuré mardi via Twitter. « La liberté de création ne réside-t-elle pas également dans l’indépendance des réalisateurs vis-à-vis des incitations à montrer la cigarette à l’écran ? »

Une mise au point qui rassure

« Un film n’est pas là pour refléter la société telle que l’Etat voudrait qu’elle soit », considère Frédéric Goldsmith, délégué général de l’Union des producteurs de cinéma (UPC), qui fédère plus de 200 d’entre eux. « C’est une réalité, beaucoup de gens fument », poursuit-il, interrogé par l’AFP, la lutte contre le tabagisme « ne peut pas passer par une atteinte à la liberté de création ».

Pour Serge Toubiana, à la tête d’Unifrance, l’organisme chargé de la promotion du cinéma français à l’étranger, cette idée est « un aveu d’échec de la politique publique en matière de santé ». « Si on en vient à (…) légiférer sur le fait de fumer ou pas sur des écrans de cinéma, c’est qu’on a échoué sur tout le reste. Le cinéma est un art, un plaisir, un divertissement, pas un outil de propagande pour la cigarette », défend-il.

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« Ça nous rassure que (la ministre) rappelle le principe de liberté de création », s’est réjoui Mathieu Debusschère, délégué général de l’ARP (auteurs, réalisateurs et producteurs), dans l’attente d’en savoir plus sur les projets précis du gouvernement.