VIDEO. Bouches-du-Rhône: A seulement 18 ans, la jeune Leïla Miloua devient la première championne officielle de hip-hop

PORTRAIT A seulement 18 ans, l'étudiante originaire de Gardanne rafle cette année tous les titres des compétitions de hip-hop, jusqu'à celui de championne de France...

Mathilde Ceilles

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Leïla lors de la Battle of the Year
Leïla lors de la Battle of the Year — Ghosto Graphic
  • Du haut de ses 18 ans, Leïla Miloua a remporté ce week-end le titre de championne de France de hip-hop.
  • Cette année, la jeune fille originaire de Gardanne a raflé tous les titres.
  • Portrait d’une jeune étudiante, figure montante du hip-hop.

A 18 ans, Leïla Miloua est au top des « Bgirls ». Rien à voir avec son poids ou sa taille. La jeune fille originaire de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône a été sacrée au B.Boy France « championne de France de hip-hop », un titre reconnu depuis septembre dernier par le ministère des Sports, faisant d’elle la première championne officielle. Ce titre est une consécration pour tous les compétiteurs de hip-hop qui régulièrement s’affrontent en battles.

Leïla en pleine compétiton
Leïla en pleine compétiton - B.Boy France

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Quelques mois plus tôt, la Gardannaise a également remporté deux autres compétitions de renom dans le monde du hip-hop, notamment le Battle of the year avec son binôme Carlotta, ainsi qu’une place en demi-finale dans la version internationale de cette compétition. De quoi installer la jeune fille au rang de figure montante du breakdance en France. Lors du championnat une petite file d’admirateurs l’attendait à la sortie, réclamant à Leïla ses premiers selfies. « J’peux vous dire, ça fait bizarre ! », rigole-t-elle.

Une compétitrice depuis l’âge de 7 ans

Mais la petite surdouée, malgré son jeune âge, commence à avoir un peu de bouteille, elle qui a commencé la compétition à… 7 ans et demi à peine. Cette année-là, la fillette voit danser à une fête de famille celui qui deviendra son futur coach, Nahim Sassi. « Quand je l’ai vu, je me suis dit que c’était ça que je voulais faire. » Peu de temps après, après avoir tanné sa famille, la voilà qui prend ses premiers cours, à raison de 8 heures par semaine (!). Elle est la plus jeune du groupe. Lors de sa première battle officielle, six mois après son premier cours seulement, elle a pour adversaire un adulte de deux fois sa taille. « Ça m’a vaccinée pour le reste de ma vie », plaisante-t-elle.

Voyant en elle son potentiel, Nahim Sassi la prend sous son aile, et la jeune fille intègre son collectif « Break2Mars ». Enchaînant les battles, Leïla Miloua attrape le virus de la compétition. « Moi, honnêtement, j’aime la gagne. Et puis, à chaque compétition, mon coach a toute la pression qu’il n’évacue pas en dansant, donc pour qu’il soit fier, j’ai pas envie de passer à côté ! Mon coach, c’est plus que ça, c’est un frère pour moi, il venait me chercher à la sortie de l’école. »

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« Du temps pris sur des sorties qu’on ne fait pas »

« Leïla c’est une travailleuse, une fille intelligente qui n’a pas peur de l’effort, renchérit Nahim Sassi. Et comme partout, quand on veut la perfection, il faut travailler. Elle a le don de se transcender dès qu’il y a de l’adversité. Elle a un bon feeling avec la musique. Les difficultés techniques, on les a compensées par un renforcement musculaire, mais la victoire, c’est psychologique, le mental. »

Pour en arriver à cette folle ascension, la jeune fille a dû endurer un entraînement difficile, devant de donner le meilleur d’elle-même sur la piste après de longues minutes de course ou de tractions. « C’est du temps pris sur des sorties qu’on ne fait pas, c’est une alimentation qu’on surveille, c’est de la fatigue, parfois des événements familiaux auxquels on n’assiste pas, énumère Leïla Miloua. C’est un mode de vie très isolé, en décalage par rapport aux gens de mon âge. »

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Malgré son récent palmarès, la jeune fille garde les pieds sur terre et déclare que son rêve est de devenir… prof d’anglais. « Là, je suis en première année de fac à Aix, c’est bientôt les partiels ! Je vais un peu lever le pied sur la compétition. » Et la vie d’artiste ? La jeune fille hésite encore. « C’est dangereux comme vie, peut-être que je préférerai la stabilité, la vie de famille. Une jambe cassée et c’est fini ! » A suivre donc…