VIDEO. Charles Manson, source inépuisable d'inspiration pour les artistes

CULTURE Le tueur psychopathe n’a cessé de hanter la pop culture, au cinéma, à la télé ou encore en littérature…

Clio Weickert

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Décédé dimanche à l'âge de 83 ans, le tueur psychopathe Charles Manson n'a pas cessé d'inspiré le monde de la culture
Décédé dimanche à l'âge de 83 ans, le tueur psychopathe Charles Manson n'a pas cessé d'inspiré le monde de la culture — Anonymous/AP/SIPA
  • Charles Manson est décédé dimanche à l’âge de 83 ans.
  • Le tueur psychopathe a terrifié les Etats-Unis – et le monde entier —, tout autant qu’il les a fascinés. Depuis son incarcération en 1969, il apparaît régulièrement dans le monde de la culture.
  • « 20 Minutes » revient sur Charles Manson, ce « "performer" très conscient de son image » qui hante depuis près de cinquante ans le cinéma, le petit écran, la musique et la littérature.

Il se rêvait rock star, mais ce sont finalement de multiples meurtres sauvages et sordides qui l’ont rendu célèbre. Dimanche, le tueur psychopathe Charles Manson est décédé à l’âge de 83 ans, dans le comté de Kern, en Californie.

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Tristement connu pour avoir orchestré le meurtre de Sharon Tate, ancienne compagne du réalisateur Roman Polanski, Charles Manson a terrifié les Etats-Unis – et le monde entier —, tout autant qu’il les a fascinés. Car, depuis son incarcération et sa condamnation à la prison à perpétuité en 1969, le gourou meurtrier apparaît régulièrement dans le monde de la culture, et ne cesse de hanter des artistes de tous bords, du cinéma à la musique, ou encore en littérature.

Manson dans le petit écran 

Tout récemment, sa « famille » (comme l’on surnommait les « disciples » de ce gourou) et lui se sont retrouvés au cœur d’un épisode de la saison 7 dela série américaine horrifique American Horror Story. Une séquence particulièrement violente et troublante, reconstituant le meurtre sanglant de l’actrice Sharon Tate et de ses amis Jay Sebring, Wojciech Frykowski et Abigail Folger, la nuit du 9 août 1969.

En 1976, soit quelques années à peine après l’incarcération de Charles Manson, le téléfilm Helter Skelter, réalisé par John Gray, s’était quant à lui attaqué à l’enquête qui a suivi l’assassinat du 9 août. Il a rencontré un franc succès tel que le rapporte le site de L’Express, et a connu un remake en 2004.

Dans un registre plus léger et humoristique, le criminel psychopathe est également apparu dans un épisode de la série South Park, intitulé Joyeux Noël, Charlie Manson.

« C’était aussi un "performer" très conscient de son image »

Le petit écran n’est pas le seul à s’être emparé du gourou californien, et la musique n’est pas en reste. Rappelons d’ailleurs que le tueur a un temps projeté de percer dans le rock, et ne jurait que par le White Album des Beatles. Du côté de Marilyn Manson, le chanteur ne s’est pas seulement contenté de prendre son patronyme comme pseudonyme. Dans le titre My Monkey, il met aussi en musique des enregistrements des propos de Charles Manson. Quant à Neil Young, il a retracé la cavale du tueur avant son incarcération dans la chanson Revolution Blues.

Mais comment expliquer une telle fascination pour un personnage sordide et terrifiant ? Selon David Schmid, auteur du livre Natural Born Celebrity : Serial Killers in American Culture, « Manson est à la fois une figure de son temps, et une figure qui transcende également ce contexte particulier - c’est pourquoi son influence est si large. C’était aussi un performer qui était très conscient de son image, il a délibérément cultivé un personnage et a ensuite joué ce rôle jusqu’au bout. »

Charles Manson a aussi marqué la fin d’une époque. Il représente l’effondrement du Summer of Love, le mouvement « peace and love » californien. « Il a inspiré tant d’artistes parce qu’il a semblé personnifier une étape particulière de l’histoire américaine : à savoir, les années soixante et son zeitgeist [l’esprit de ce temps], explique David Schmid. Ce que les gens ont vu en lui, c’est la manière dont les promesses de cette décennie ont dérivé vers la violence et la déception, et c’est une lecture qui peut être appliquée à différents contextes. »

Un être « charismatique »

Enfin, comme le relate brillamment le journaliste et écrivain Simon Liberati dans le livre California Girls sorti en 2016 chez Grasset, Charles Manson n’était pas qu’un simple tueur. Véritable gourou, il a enrôlé et manipulé de nombreuses âmes égarées, en faisant preuve d’un « charisme » hors du commun. « Il fascine les gens en raison du contrôle qu’il a sur les autres, développe David Schmid, un contrôle tel, qu’il peut leur faire faire des choses incroyablement cruelles juste en leur ordonnant. » L’écrivain Stéphane Bourgoin, qui était allé le rencontrer en prison, confirme à 20 Minutes : « Il voulait me montrer qu’il restait maître du jeu, qu’il manipulait et qu’il était en contrôle. En permanence. »

« Je pense que Manson évoque la fascination que nous ressentons tous pour les individus charismatiques, qu’ils soient bons ou mauvais, reprend David Schmid. A un certain niveau, nous fantasmons sur ce que nous ferions d’une telle puissance, et à un autre, nous nous demandons si nous serions assez forts pour résister à l’appel d’un tel charisme. » Une fascination qui ne risque pas de disparaître avec le décès du tueur. Hasard du calendrier, le réalisateur Quentin Tarantino prépare lui aussi un projet autour du gourou, dans lequel les multiples meurtres perpétrés par sa « famille » et sous ses ordres apparaîtront, comme l’annonce le site IndieWire, en toile de fond.