VIDÉO. Lyon: Cinq infos pour faire connaissance avec le «Président», squelette de mammouth qui sera vendu aux enchères

PREHISTOIRE Ce squelette, unique au monde de par sa taille et la qualité de ses défenses, sera vendu le 16 décembre à Lyon…

Caroline Girardon

— 

Ce squelette de mammouth sera vendu le 16 décembre aux enchères à Lyon. Lancer le diaporama
Ce squelette de mammouth sera vendu le 16 décembre aux enchères à Lyon. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Ce n’est pas le premier squelette de mammouth qui sera vendu aux enchères mais selon les experts, il s’agit d’un spécimen unique au monde de par sa taille et la qualité des défenses.
  • L’animal, qui a vécu il y a 12.000 voire 15.000 ans, appartient à un Russe, chasseur de mammouth.

Un squelette de mammouth dans votre salon ? L’idée n’est pas si saugrenue puisque l’un d’entre eux sera vendu aux enchères le 16 décembre à Lyon. En attendant, l’animal a été monté pièce par pièce ce jeudi. L’occasion de glaner quelques infos pour faire davantage connaissance avec la bestiole.

Il répond au doux prénom de… « Président ». C’est ainsi que l’a baptisé son propriétaire, un Russe, chasseur de mammouth. De là à voir un hommage à Vladimir Poutine ? L’histoire ne le dit pas. La bête a été découverte en Sibérie il y a une dizaine d’années par cet homme dont l’activité principale est de parcourir le globe pour dénicher des squelettes de mammouth. La fonte du permafrost (partie du sol gelée en permanence) a permis de l’exhumer. Fait rarissime : la carcasse du mammifère a été retrouvée en entier ou presque. Elle est complète à 90 %.

L’homme l’a donc ramené chez lui et l’a conservé jusqu’à présent. Eric Mickeler, expert en histoire naturelle, a tenté de le convaincre durant des années de le vendre. Il avait toujours refusé jusque-là. En revanche, l’expert avait réussi à lui faire comprendre que le prénom de « Président » n’était pas des plus adaptés. Aujourd’hui, le mammouth est désormais en quête d’un nouveau sobriquet.

>> A lire aussi : Un squelette de mammouth à vendre aux enchères

Ses os ne sont pas blancs. Mais plutôt marrons. Une anomalie ? Pas vraiment répond Eric Mickeler. Après avoir été exhumé, le squelette a été envoyé dans un laboratoire où ses os ont été nettoyés et préparés afin qu’ils se conservent le plus longtemps. La couleur brune est restée. « L’ivoire a été teinté par la tourbe, matière organique fossile formée par l’accumulation des végétaux, dans un milieu saturé en eau. Le squelette y était enfermé durant des milliers d’années », explique l’expert.

Il est mort à cause d’une… carie. « La plupart des mammouths sont décédés de faim. Non pas qu’ils n’avaient pas assez à manger mais leurs dents s’abîmaient et tombaient. Ce qui les empêchait de mâcher et de se nourrir correctement », raconte Eric Mickeler. Le « Président », qui a vécu il y a environ 12.000 voire 15.000 ans, a vraisemblablement « succombé à l’âge de 50 ans, à une nécrose au niveau des molaires » ayant entraîné une septicémie. C’est un détail observé au niveau des mandibules inférieures qui permet aux experts d’avancer cette hypothèse.

Il est unique au monde. S’il existe une centaine de mammouths de cette espèce aux quatre coins du globe, celui-là reste unique de par sa taille (3,40 mètres de haut et 5,30 mètres d’envergure) et la qualité de ses défenses. Chacune mesure trois mètres et pèse 80 kilos. Et surtout, elles sont dans un état de conservation remarquable. « La plupart de celles que l’on retrouve sont entièrement bouchées. Celles-là sont intactes à 90 % », observe Eric Mickeler.

>> A lire aussi : Le mammouth ressuscité d’ici deux ans? Les scientifiques y croient

Plus simple à monter qu’un meuble Ikéa. L’assemblage du squelette, tel qu’il est présenté aujourd’hui, a nécessité plus de deux mois de labeur. Trois spécialistes se sont attelés à la tâche. « Quand on voit les caisses d’os sur le sol, on se dit qu’on est en face d’un puzzle », admet en souriant Nicolas Tournant. A l’en croire, il s’agirait presque d’un jeu d’enfant. Chaque pièce commence par la lettre de son nom en anglais : R pour Ribs (les côtes) par exemple, suivie de L ou R pour gauche ou droite et un chiffre qui lui correspond.

« Quand vous connaissez l’ostéologie, c’est très simple. C’est même instinctif. On n’a pas forcément besoin de regarder les numéros pour repositionner les pièces au bon endroit », précise l’homme. C’est finalement l’armature sur laquelle repose le squelette, qui a pris le plus de temps à réaliser. « Celle d’avant ne me plaisait pas, elle était vulgaire, l’animal pas assez déployé », précise Eric Mickeler. L’équipe a planché sur une structure bien moins rustique pour faire évoluer le mammouth. « Il était avachi. Désormais, il est en position de pré-galop », conclut Nicolas Tournant.