La future Cité du cinéma sous les projecteurs

Caroline Vié - ©2008 20 minutes

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« S'il y a au moins un cinéaste à qui cette Cité du Cinéma conviendra, c'est moi ! », plaisante Luc Besson en faisant visiter le chantier à quelques journalistes triés sur le volet. Ce lieu magique, situé dans une ancienne centrale EDF à Saint-Denis (93), le réalisateur-producteur l'a découvert en y tournant une scène de Léon en 1994. A priori, on est loin du Grand Bleu, quoique... Les bâtisses délabrées où les pigeons ont élu domicile devraient se transformer, d'ici à deux ans, en studio à l'américaine, avec palmiers dans la cantine, allées fleuries et structure d'accueil pour gros ou petits tournages. « Tout le monde sera le bienvenu, promet Besson. Je rêve que des cinéastes débutants investissent les studios la nuit pour donner vie à leurs courts métrages. » Et malgré des tarifs qui « ne seront sans doute pas les moins chers », il compte mettre à la disposition des productions étrangères un bureau qui centralisera leurs démarches administratives. « J'aimerais attirer les Américains qui viennent tourner à Paris et qui finissent par partir à Prague terminer leurs films parce qu'il n'y a pas ici de studio pour les accueillir. C'est dommage de penser que cet argent est perdu pour la France. »

Luc Besson et sa compagnie EuropaCorp seront les premiers à tourner à la Cité du cinéma dès son ouverture. « Cela me semble normal d'essuyer les plâtres, mais je ne peux pas encore vous dire ce que sera ce premier long métrage, ni qui le réalisera. Nous avons plusieurs projets... » Quand on le questionne sur le financement, qu'il considère comme « épineux », ou sur la possibilité d'un échec, son regard rêveur se pose sur la maquette impressionnante de cette ville de pierres, de verre et de verdure dédiée au cinéma. « Je n'ai pas peur », se contente-t-il de répéter en découvrant une vieille pancarte déchirée indiquant un club d'aquariophilie baptisé... « Le Grand bleu ». Luc Besson peut retourner à ses affaires et continuer d'appliquer la devise qui, pour l'instant, lui réussit : « Plus de discours, de l'action ! »