«Pas d’honneur pour les violeurs!», quand les féministes perturbent le lancement de la rétrospective Polanski à la Cinémathèque

MANIFESTATION Le réalisateur franco-polonais est venu ce lundi soir présenter son dernier film «D'après une histoire vraie» lors d'une soirée privée lançant cette rétrospective de son oeuvre...

20 Minutes avec AFP
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Des féministes ont protesté lundi 30 octobre contre la rétrospective consacrée à Roman Polanski, accusé par plusieurs femmes d'agressions sexuelles.
Des féministes ont protesté lundi 30 octobre contre la rétrospective consacrée à Roman Polanski, accusé par plusieurs femmes d'agressions sexuelles. — Michel Euler/AP/SIPA

« Apprécier un artiste ne signifie pas taire ses crimes ! », lance une manifestante devant la Cinémathèque à Paris. Comme quelques dizaines de personnes, elle a répondu à l’appel d’associations féministes, en protestant lundi soir contre la rétrospective consacrée à Roman Polanski, accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles.

Le réalisateur franco-polonais de 84 ans est venu présenter son dernier film D’après une histoire vraie lors d’une soirée privée lançant cette rétrospective de son œuvre. Un événement prévu de longue date qui a suscité l’indignation de féministes, après l’affaire Harvey Weinstein et les révélations sur le harcèlement sexuel subi par de nombreuses femmes.

« Le temps du silence est terminé, on va les chasser »

Torse nu, deux Femen ont fait irruption lundi soir dans la Cinémathèque, scandant « pas d’honneur pour les violeurs » au passage du réalisateur. Les deux femmes, portant sur le corps l’inscription « Very Important Pedocriminal », ont été rapidement évacuées du bâtiment.

« Le temps du silence est terminé, on va les chasser, la peur et la honte doivent changer de camp », a déclaré Inna Shevchenko, l’une des deux Femen, dénonçant « une certaine arrogance et violence de la Cinémathèque » d’avoir maintenu cet hommage. « Si violer est un art, donnez à Polanski tous les César », pouvait-on lire aussi sur les banderoles s’affichant devant l’institution culturelle, tandis que des manifestants scandaient « Assez de ceux qui veulent protéger les agresseurs ».

« Pour nous, l’important c’est d’annuler la rétrospective, d’avoir des excuses de la Cinémathèque et une prise de conscience », estimait lundi matin la porte-parole du groupe « Osez le féminisme », Raphaëlle Rémy-Leleu.

Polanski applaudi chaleureusement

De son côté, après être monté sur scène aux côtés de son épouse Emmanuelle Seigner, qui tient un des deux rôles importants du film, Roman Polanski a été chaleureusement applaudi par le public, certains lui réservant même une standing ovation.

Le réalisateur s’est livré à un éloge du numérique qui permet aux films de se « perpétuer », contrairement à une époque « on pouvait brûler (les films) comme Hitler brûlait les livres », se gardant de tout commentaire direct sur les manifestations.