Quand la culture pop titille le «point P» (comme prostate)

«POINT P» A l’occasion de « Movember », « 20 Minutes » s’intéresse au plaisir prostatique. Coup de projecteur sur trois scènes de films ou de série évoquant cette pratique…

F.R.

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Une image promo du film «Deadpool».
Une image promo du film «Deadpool». — Twentieth Century Fox
  • A l’occasion de « Movember », mouvement dédié à la sensibilisation des cancers masculins, « 20 Minutes » se penche sur le plaisir prostatique. Une pratique encore taboue et source de clichés.
  • Les références, dans les fictions grand public, à la stimulation prostatique se recensent sur les doigts d’une main.

Si les séries et le cinéma sont rarement prudes lorsqu’il s’agit d’évoquer la sexualité, il n’en demeure pas moins que les références, dans les fictions grand public, à la stimulation prostatique se recensent sur les doigts d’une main (ou, deux, soyons généreux). 20 Minutes a sélectionné trois exemples dans lesquels les femmes ont le plaisir d’offrir et les hommes la joie de recevoir…

  • Broad City, le plus décomplexé

En 2015, Knockoffs, le quatrième épisode de la saison 2 de Broad City, consacre un épisode entier à la question du gode-ceinture. L’héroïne, Abbi, a enfin réussi à conclure avec le ténébreux Jérémy mais, alors qu’elle demande à changer de position, lui croit comprendre qu’elle lui propose d’inverser les rôles et sort… un sex-toy de son tiroir avant de s’installer sur le lit à quatre pattes. Abbi, un peu sous le choc, s’isole alors dans les toilettes pour appeler son amie Ilana qui réagit en faisant une danse de la joie. « Pendant toutes mes années à l’université, je dormais avec un gode-ceinture juste au cas où l’occasion se présentait. Et toi, on t’apporte ça sur un putain de plateau d’argent ! » s’exclame la meilleure pote qui l’encourage à sauter le pas. Dont acte pour Abbi. Mais, comme on est dans une série humoristique, le lendemain, la jeune femme met l’accessoire phallique par inadvertance au lave-vaisselle, dont il ne ressort pas indemne. Elle cherche bien à le remplacer, mais Jeremy remarque la différence et leur histoire d’amour prend fin. Qu’importe, le godemichet est recyclé en porte-bijoux… Et Ilana console Abbi : « Tu trouveras quelqu’un d’autre à pénétrer, il y a une infinité de trous dans la mer. »

En résumé : L’épisode dédramatise la pratique et, s’il fait de l’humour, ce n’est jamais en moquant le fantasme de Jeremy.

  • Deadpool, le plus provocateur

Wade Wilson, alias Deadpool une fois qu’il a revêtu sa combinaison de lycra, s’entend parfaitement sexuellement avec Vanessa, comme on peut le voir dans le film de Tim Miller sorti en 2016. Dans une courte séquence, la jeune femme se penche à son oreille et lui murmure « Joyeuse Journée des droits des femmes ! »… avant de réajuster son gode-ceinture et de se mettre en action malgré la crispation dont témoigne son compagnon. Quand on sait que Deadpool est sans doute le super-héros le plus iconoclaste de la BD, toujours prêt à répandre son humour noir et ses punchline provocantes, cette scène n’est pas surprenante. Mais, dans un film grand public (interdit aux moins de 12 ans en France), avec Ryan Reynolds dans le rôle-titre, elle peut étonner. Pour le site américain Vulture, justement, c’est cet effet de stupéfaction qui est censé provoquer le rire « comme si les instigateurs du film disaient : "Est-ce que vous pouvez croire qu’on ose vous montrer ça ! ?" ».

En résumé : Deadpool sodomisé par sa copine, c’est une image audacieuse dans un film pop-corn américain. Mais certains fans du personnage déplorent cependant que sa pansexualité (le fait qu’il puisse être attiré par n’importe quel individu) ait été gommée au scénario. Un aspect qui pourrait apparaître dans Deadpool 2 attendu pour le 30 mai  2018.

  • L’Amant double, le plus gratuit

Et les Français dans tout ça ? Cette année, dans L’Amant double, François Ozon recourt au gode-ceinture. L’héroïne, Chloé, s’en sert sur son compagnon lors d’une scène assez sensuelle. La séquence surprend par son côté rare et inattendu et l’androgynie du personnage ajoute au trouble que le spectateur peut ressentir. Le réalisateur s’intéresse ici aux rapports de domination et de soumission, une des thématiques autour desquelles s’articule le scénario. Depuis son premier film, Sitcom, qui destinait un concombre à différents emplois en dehors de son simple usage alimentaire, François Ozon s’est toujours amusé à provoquer, gratuitement ou non. Ici, il ne déroge pas à la règle.

Marine Vacth et Jérémie Renier dans «L'amant double».
Marine Vacth et Jérémie Renier dans «L'amant double». - Mars Films

 

En résumé : François Ozon a voulu mettre un peu de chair dans un film très largement cérébral. Mais, quand on connaît le dénouement, cette scène paraît plus gratuite qu’autre chose. De l’épate bourgeoise qui n’a semble-t-il pas fait vibrer la Croisette plus que ça : L’Amant double, qui concourait sous la bannière française au dernier Festival de Cannes, est reparti bredouille.