«Les Français sont tristes comme la mort», déplore Gérard Depardieu

CULTURE Le comédien a confié au « Figaro » la véritable raison de son départ de la France…

C.W.

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Gérard Depardieu au festival de Venise le 6 septembre 2017
Gérard Depardieu au festival de Venise le 6 septembre 2017 — Maria Laura Antonelli/AGF/SIPA

Gérard Depardieu n’est pas vraiment connu pour mâcher ses mots. Dans une interview surréaliste accordée au Figaro, le comédien, avec le langage fleuri qu’on lui connaît, est revenu sur les véritables raisons de son départ de la France : les Français qui « sont tristes comme la mort ».

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« Ce pays m’emmerde »

En promotion pour son livre intitulé Monstre, la suite d’Innocent (sorti en 2015), Gérard Depardieu n’y a pas été en douceur avec le quotidien. Dans un article, le journaliste confie avoir eu du mal à tenir son entretien, le comédien préférant parler de Monsanto, Kim Jong-un, « la Trumpette », Hérode ou encore Bernard-Henri Lévy, plutôt que de répondre aux questions sur son livre. Parmi cette multitude de sujets abordés, Depardieu est notamment revenu sur les raisons de son départ de la France.

« Contrairement à ce que disent les journalistes, ce n’est pas pour la fiscalité que je me suis barré, explique-t-il. Non. Si c’était pour ça, je me serais barré bien avant ! Je payais plein pot, je ne me plaignais pas. Ce que je ne supporte pas, et c’est pour ça que ce pays m’emmerde, c’est de voir que les Français sont tristes comme la mort. Ils n’osent même plus regarder leur terre puisqu’ils en ont honte. La France est un très beau pays, mais où les gens sont perdus. »

« La culture, aujourd’hui, c’est Hanouna ! »

Mais ce n’est pas tout, l’acteur poursuit sur la pauvreté culturelle. « Il n’y a plus de littérature. Les gens lisent Levy, Musso, Les Fourmis. La vraie littérature, comme celle de Peter Handke, est très rare, déplore-t-il. Quant à la langue, encore faut-il savoir l’étymologie des mots… Et bientôt, on ne trouvera plus un dictionnaire… La plupart des gens qu’on entend à la radio ou à la télé ne parlent pas français. La culture, aujourd’hui, c’est Hanouna ! »

« Moi, je suis autodidacte, poursuit-il, tu crois que c’était facile, hein (il crie) ? Un mec comme moi qui n’est jamais allé à l’école ? ! Lire Racine [il déclame quelques vers de Bérénice], Montaigne ? Je les lisais sans les comprendre. Va trouver un mec qui lise Montaigne ou La Boétie aujourd’hui ! »