Goldfrapp en douceur à la guitare sèche

B. Chapon - ©2008 20 minutes

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« Nous voulions jouer quelque chose de neuf, entendre ce qu'il manquait dans nos vies. » Alison Goldfrapp tourne le dos sans état d'âme aux pistes de danse des discothèques. Avec son compagnon Will Gregory, elle a enregistré un quatrième album pop-folk envoûtant, Seventh Tree. Le groupe Goldfrapp y gagne en douceur ce qu'il perd en clinquant et rythmé. « La vie est normative, explique Alison Goldfrapp. Mais nous changeons sans cesse et il fallait que cela s'entende dans notre musique. » La très jolie blonde aurait-elle connu des malheurs en 2007 pour en venir à composer des ballades folk à la guitare ? « Oui, quelques titres ont une atmosphère très dramatique, note Alison Goldfrapp. Nous avons voulu créer une atmosphère de road-movie américain, optimiste et mélancolique. J'aime l'état d'esprit des voyageurs sans destination, qui avancent pour le plaisir du mouvement, non pas pour fuir mais pour changer. »

Voyage immobile, Seventh Tree a été composé et enregistré dans un bungalow des années 1960. « On ne pourrait pas travailler dans un studio professionnel, explique Will Gregory. Nous avons besoin d'une ambiance domestique, confortable et relax. » On retrouve des traces de ce cocooning dans l'album, mais aussi des mélodies moins sages et familières, nées de séances d'improvisation. « Nous trouvons toujours l'inspiration en jouant, donc en improvisant. Mais pour cet album, nous avons gardé plus d'éléments bruts issus de ces sessions d'improvisation. Nous voulions moins user de "cosmétiques". Mais on s'éclate toujours autant à jouer un bon disco de temps en temps. »