Heurté par la lettre ouverte du maire, «Télérama» annule son événement à Clermont-Ferrand

POLEMIQUE L’hebdomadaire, qui devait organiser les « Débats généreux » les 13 et 14 octobre à Clermont-Ferrand, a décidé de tout annuler, heurté par la réaction de l’édile, Olivier Bianchi, à un article sur la ville…

Fabien Randanne

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Montage photo avec une Une de «Télérama».
Montage photo avec une Une de «Télérama». — Télérama

Télérama fait tout un saint-nectaire de la lettre ouverte que lui a destiné le maire de Clermont-Ferrand mercredi. Le socialiste Olivier Bianchi reprochait à l’hebdomadaire de dresser un portrait peu flatteur de la capitale du Puy de Dôme et de resservir « les vieux clichés d’une cathédrale noire et d’une ville sans qualité architecturale perdue au milieu de rien ».

« Vous rejouez la énième version de l’élite parisienne qui a le monopole du bon goût quand la province n’est que misère, ennui et désolation architecturale », écrivait l’édile.

Télérama a répliqué jeudi soir en annonçant qu’il annulait l’événement, Les Débats Généreux, qu’il avait prévu d’organiser à Clermont-Ferrand les 13 et 14 octobre.

« Comment accepter que soit violemment remis en question le travail sérieux de [l’auteur de l’article critiqué] Luc Le Chatelier, spécialiste à Télérama de l’architecture et de l’urbanisme, et qui devait justement animer le débat ? (…) Serions-nous condamnés à être des communicants au service de la ville qui nous accueille et qui cofinance l’événement ? Ce n’est ni notre ambition, ni notre manière de travailler », écrit Fabienne Pascaud, la directrice de la rédaction du magazine.

« Un édile peu prêt à la discussion »

Et de motiver l’annulation des Débats Généreux : « Nous y souhaitions une réflexion ouverte, et non des règlements de comptes entre des journalistes et un édile peu prêt à la discussion. »

Parce qu’Olivier Bianchi a mis en ligne sa lettre « sans en discuter avec [l’hebdomadaire] au préalable », comme l’accuse la directrice de la rédaction, ce sont six mois de travail entre les équipes de Télérama et des acteurs culturels de Clermont-Ferrand qui tombent à l’eau.

Une décision dont le maire « a pris acte » tout en affirmant qu’il restera « toujours disponible pour débattre avec eux, comme avec tous ceux qui le souhaitent ».

Fabienne Pascaud conclut en affirmant souhaiter voir la ville nommée « capitale européenne de la culture 2028 » et en assurant que les journalistes de Télérama continueront « de retourner dans l’ancienne métropole des Arvernes ». Promis, le Vercingétorix statufié qu’ils y croiseront place de Jaude n’a aucune intention belliqueuse.