Découvrez «Aquarica», la BD de Sokal et Schuiten née de l'échec d'un jeu vidéo

BD Co-signé par Benoît Sokal et François Schuiten, deux monstres sacrés du 9e Art, ce dyptique relance un vieux projet multimédia…

Olivier Mimran

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Extrait de la bande dessinée Aquarica
Extrait de la bande dessinée Aquarica — © F. Schuiten, B. Sokal & Rue de Sèvres 2017

Même si tous deux font de la bande dessinée depuis près de quarante ans, jamais François Schuiten et Benoît Sokal n’avaient travaillé ensemble. Il fallait donc un projet ambitieux pour réunir ces deux artistes « touche-à-tout » (Schuiten s’essaie régulièrement à l’architecture, le théâtre, la télévision et le cinéma tandis que Sokal a réalisé plusieurs jeux vidéo à succès). Et de l’ambition, Aquarica - dont le premier tome sort le 11 octobre - n’en manque pas puisque ce récit écrit à quatre mains (mais dessiné par le seul Benoît Sokal) est une sorte de préambule à un film d’animation et, qui sait, un jeu vidéo ?

En tout cas, 20 Minutes adore cette histoire qui mélange pas mal de genres. Et comme les éditions Rue de Sèvres ont gentiment accepté qu’on en présente, en avant-première, quelques planches… on vous en fait profiter !
 


Carrément captivant, non ? Comme vous venez de le découvrir, l’action d’Aquarica se situe au début du siècle dernier, autour d’un petit port de pêche américain sur la grève duquel s’est échouée une gigantesque créature marine. Mais pas seulement, puisqu’après examen, les locaux découvrent que la bestiole est aussi constituée de morceaux de métal… dont certains issus d’un bateau de la région, mystérieusement naufragé vingt ans plus tôt. Il n’en faut pas plus pour réveiller de vieilles douleurs, et d’anciennes rancœurs…
 

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En raconter davantage reviendrait à spoiler ; on lâchera juste qu’il est question d’îles désertes, de mutations, d’osmose avec la nature (notamment le monde marin, mais vous vous en doutiez). Tout ça sur fond de romance naissante - qu’on espère voir s’épanouir dans le second et dernier tome, dont la sortie est prévue en 2018.

De nombreuses références littéraires

Au gré de sa lecture, Aquarica, par son aspect épique, évoque de grandes œuvres littéraires comme Moby Dick, d’Herman Melville, les récits de voyage de Jack London, certains de Jules Verne et même, dans une certaine mesure, ceux, fantastiques, d’ H. P. Lovecraft. Des références qui ne surprendront pas les fans de Schuiten et Sokal qui, chacun de leur côté, ont déjà exploité ce genre d’univers : Schuiten avec Les terres creuses, une série SF, puis Les cités obscures, une saga fantastique ; Sokal avec son jeu vidéo Sybéria.
 

De multiples déclinaisons envisagées

Justement, Aquarica était, à la base, D’ABORD un jeu vidéo puisque Sokal et Schuiten ont commencé à travailler sur ce projet en 2006. Mais de nombreux aléas ont contrarié sa réalisation (notamment la fermeture de White Birds, le studio de développement co-créé, en 2003, par Sokal, Olivier Fontenay, Jean-Philippe Messian et Michel Bams), laquelle a été « gelée » en attendant des jours meilleurs… qui pourraient bien résulter d’une autre adaptation, cinématographique cette fois, d’Aquarica : on chuchote en coulisses que le titre pourrait devenir un film d’animation dirigé par le canadien Martin Villeneuve (dont le frère Denis vient de signer Blade runner 2049).

Bon, qui vivra verra. En attendant le film et le jeu, on a déjà la bande dessinée. Et vu l’étendue des talents qu’elle convoque, on est tout à fait prêts à s’en contenter.

 

Aquarica tome 1/2, « Roodhaven » de François Schuiten et Benoît Sokal - éditions Rue de Sèvres - 18 euros
En vente le 11 octobre 2017