«Rio»: Christophe Willem sort sa plume entre funk, variétés et ballades

MUSIQUE « Rio », le cinquième album studio de Christophe Willem, sort ce vendredi et comprend des titres écrits par Igit, Zazie et le chanteur lui-même…

Fabien Randanne

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Pochette de «Rio», cinquième album studio de Christophe Willem.
Pochette de «Rio», cinquième album studio de Christophe Willem. — Sony Music
  • « Rio », le cinquième album studio de Christophe Willem sort le 29 septembre (Sony Music).
  • Le chanteur a écrit ou coécrit plusieurs textes mais estime que dans cet album il parle peu de lui-même.
  • L’une de ses chansons, « Madame », rend hommage à Latifa Ibn Ziaten.

Coiffe en plumes de paon sur la pochette, Christophe Willem lance son nouvel album, Rio, avec un Copacabana saccadé comme une batucada. « Comment ralentir le temps, comment sortir la tête de l’eau ? », se demande-t-il. Prescription immédiate : « Balance au son d’un rythme chaud d’une danse sur une plage de Rio. » Cette entame est trompeuse car cet opus n’a rien de carnavalesque, pas plus qu’il n’embarque vers la samba ou la bossa nova.

« Je vous vends du fun. J’suis qu’un mec lambda, le voisin d’en bas », chante-t-il dans Marlon Brando, le premier single évoquant son statut d’artiste populaire. Dans le clip, qui convoque explicitement l’univers artificiel et voyeuriste de Truman Show, l’artiste se met à nu. Mais s’il se déshabille, c’est davantage au sens propre, qu’au sens figuré dans les paroles de ses chansons.

« C’est la première fois qu’un album parle aussi peu de moi »

Christophe Willem expliquait au début de l’été à 20 Minutes : « C’est la première fois que j’écris vraiment des textes et qu’un album parle aussi peu de moi. Mais tout en parlant moins de moi, je trouve qu’il me définit davantage à travers mon point de vue sur certains sujets, ma manière d’observer les choses. »

A travers certains morceaux, dont certains ont été coécrits avec Zazie ou Igit, il fait allusion aux travers de l’époque, à l’ère des messages haineux sur les réseaux sociaux et à la tyrannie de l’image. « J’ai fui ceux qui me détestent et mis de côté tous mes complexes. Tout ira bien maintenant », assure-t-il dans Sous mes pas. « Si on te mate, te formate, (…) c’est ta vie que tu rates », scande-t-il dans Vivement qu’on vive, clamant qu’« être hors normes, ça fait mal à personne ». Christophe Willem apaisé, libéré, invite à s’émanciper. Voilà pour le versant funk de Rio.

De l’autre côté, on retrouve les ballades comme les affectionne l’artiste. Chacune apporte son lot de variations : piano épuré sur Wonder, qui ferme l’album, envolée pop à la Coldplay sur Restart, paroles lancinantes saupoudrées de percussions sur Nos balles perdues, sensualité poétique sur Pilote qui file la métaphore entre carrosseries rutilantes et plaisirs charnels, etc.

A mi-chemin de la setlist émerge Madame. Sans la nommer, il rend hommage à Latifa Ibn Ziaten dont le fils Imad, fut, en 2012 la première victime de Mohamed Merah. Depuis, cette femme parcourt quartiers, écoles et prisons pour lutter contre la radicalisation des jeunes. « Elle avance pour apaiser sa douce France à l’âme blessée. (…) Madame aime comme elle respire. Madame pleure pour nous laisser son sourire. Madame sème pour refleurir », salue Christophe Willem dans le morceau le plus sobre de Rio, et peut-être le plus mémorable.