Souvenirs de tecktonik, 10 ans après: «Il y avait des battles à la récré et j'étais naze»

TEMOIGNAGES Les internautes de « 20 Minutes » reviennent sur la mode de la tecktonik, dix ans après l’explosion de cette danse…

F.F.

— 

Les danseurs tecktonik organisent des duels s’inspirant des «battles» (face à face) qui existent déjà dans le milieu hip-hop.
Les danseurs tecktonik organisent des duels s’inspirant des «battles» (face à face) qui existent déjà dans le milieu hip-hop. — A. FREINDORF / 20 MINUTES

La tecktonik a dix ans, et les internautes de 20 Minutes n’ont pas la mémoire courte. Si certains n’ont jamais compris l’engouement pour cette danse - comment dire, excentrique ? - d’autres y repensent avec nostalgie, en cette veille de Techno Parade, dont l’édition 2007 avait même vu défiler un char tecktonik. Consécration.

Tout le monde n’excellait pas, loin s’en faut, au dur exercice de la tecktonik, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. « Je me rappelle, j’avais à peine 11 ans et me voilà dans ma chambre en train de chercher sur YouTube "comment danser la tecktonik"… Pourquoi ? Parce que le lendemain il y avait une fête dans un refuge avec une compétition de ce style de danse justement… Je me vois encore danser devant mon ordi, faisant un peu n’importe quoi ! Le jour J, toutes les filles avaient la même coupe et un maquillage un peu gothique. Je me cachais dans les toilettes pendant que le son Alive passait, j’avais l’impression d’être la seule nulle à cette danse. Belle époque on va dire ! » se souvient Hella. Quant à Dylan, lui aussi a tenté le coup, en vain : « J’étais au collège à l’époque, il y avait des battle à la récré et pour le coup… J’étais naze. »

« On était les rois de la cour de la récré »

« On kiffait ça, nous, a l’époque, se souvient Julien. Le petit côté fluo et le style qui allait bien avec. C’était une bonne période mais pas sûr que dix ans après, je sache encore tous les mouvements. » Quand Clément se souvient avoir été « les rois de la cour de la récré » avec ses amis, Mathias renchérit : « On était un trio d’enfer. »

« Je n’étais pas une grande fan de cette danse tout de même assez particulière mais ce qui me plaisait, c’est qu’elle permettait à certains élèves de mon collège de sortir de l’ombre. La mode à ce moment-là n’était plus à celui qui avait les dernières paires de Nike ou le dernier jogging à la mode mais plutôt à ces ados qui s’habillaient en fluo avec des coiffures assez farfelues et qui dansaient. Je garde un très bon souvenir des battle qui animaient la cour de récré… Que de nostalgie ! » regrette Julia, qui avait 13 ans à l’époque.

« Mon fils nous a bien gonflés avec ça »

Si vous avez bonne mémoire, vous vous souviendrez aussi que tout le monde n’aimait pas la tecktonik. « La musique, j’aimais bien, mais la danse, je trouvais ça bizarre », nous indique Tanguy, tandis que Philippe, qui semble avoir vécu un calvaire pendant l’adolescence de ses enfants, reconnaît que son « fils nous a bien gonflés avec ça ». Rachel a la dent encore plus dure : « C’était horrible, ça a toujours été horrible : la danse, la musique, les fringues, les cheveux, le maquillage » mais fait contre mauvaise fortune bon cœur : « Par contre c’était très drôle et ça nous permet d’avoir des vidéos de nos potes à ressortir le jour de leur mariage. »

On ne va pas vous mentir, les internautes à nous avoir confié pratiquer encore aujourd’hui la tecktonik sont peu nombreux, mais ont le mérite d’exister, comme Julien (pas le même que celui déjà évoqué) : « Seul dans une salle de bains qui n’est pas la mienne, dans le métro… Oui je danse la tecktonik. C’est devenu mon seul moyen d’évasion. » Ironie ou véritable confession, nous ne le saurons probablement jamais.