Alain Robbe-Grillet est mort

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Alain Robbe-Grillet en octobre 2007.
Alain Robbe-Grillet en octobre 2007. — Baltel / Sipa

L'écrivain Alain Robbe-Grillet est décédé le 18 février 2008, à 85 ans. Chef de file du «Nouveau roman», il était l'auteur entre autres de «Les Gommes» (1953) , «Le Voyeur» (1955) et «La Jalousie» (1957).

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Ancien ingénieur agronome, Alain Robbe-Grillet s'est consacré à l'écriture à partir des années 1950. Après son premier grand roman, «Les Gommes», il théorise une nouvelle école littéraire, sous le nom de «nouveau roman». A l'inverse du roman traditionnel, il y rejette l'idée, dépassée pour lui, d'intrigue, de portrait et même des personnages.

De 1955 à 1985, il a été conseiller littéraire des Editions de Minuit, alors le haut lieu du nouveau roman, autour d'auteurs prestigieux comme Nathalie Sarraute et Claude Simon.

Aux critiques, Alain Robbe-Grillet répondait: «c'est grâce aux critiques négatives que mon oeuvre a eu du succès. Parce que ce ne sont pas les compliments de Barthes ou Blanchot qui ont fait vendre mes livres.»

L'académicien rebelle

Élu à l'Académie française, le 25 mars 2004, au fauteuil de Maurice Rheims (32e fauteuil), il a rechigné à faire son discours de réception, considérant l'exercice comme dépassé. Or pas de discours pas de fauteuil. Il n'a donc jamais siégé sous la Coupole.

Alain Robbe-Grillet préférait consacrer sa plume à l'écriture de scénarios pour le cinéma, dont, en 1961, «L'Année dernière à Marienbad», réalisé par Alain Resnais (extrait vidéo à voir ici).

Inlassable provocateur, l'écrivain avait encore agité le monde des lettres avec son dernier livre, «Un roman sentimental» (Fayard), paru à l'automne 2007 enveloppé d'un plastique qui empêchait de le feuilleter en librairie. A 85 ans, Robbe-Grillet y étalait des fantasmes pédophiles et criminels.

Il y a moins d'un an, il disait vouloir être incinéré à sa mort. Ou bien «enterré dans le parc de sa résidence normande s'il obtient les autorisations», d'après cet article publié dans Libération.