VIDEO. Niska, nouvel avatar des rappeurs qui glorifient la valeur travail

HIP-HOP Le rappeur d’Evry sort son second album, «Commando», après avoir cumulé 100 millions de vues cet été avec son tube «Réseaux»…

Benjamin Chapon

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Niska sort son deuxième album, Commando
Niska sort son deuxième album, Commando — Koria

Si vous n’avez pas entendu Réseaux, c’est que vous vivez dans un bled de très haute montagne. Sur YouTube, le tube va dépasser sans peine les 100 millions de vues et le rappeur Niska domine tous les classements de l’été (Spotify, Shazam, iTunes, etc.) avec ce morceau.

Pour autant, à seulement 23 ans, Niska n’est pas un débutant. Le rappeur d’Evry sort ce vendredi son deuxième album, Commando, qui est déjà son troisième projet si on inclut la mixtape, Charo Life. Les oreilles avisées de Booba et MHD l’avaient remarqué sur Sapés comme jamais, de Maître Gims, et ses premières chansons aux gimmicks africains, plusieurs mois avant l’explosion de l’afrotrap.

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Sa petite entreprise

Son premier album, Zifukoro, est sorti en juin 2016 et l’activité de Niska en moins de deux ans est proprement hallucinante : « J’ai un état d’esprit très combatif. Je suis un éternel insatisfait, je ne fais pas de pause, je bosse sans relâche, c’est l’état d’esprit Charo. »

« Charo » pour « charognard », est à la fois la marque de fabrique et la marque tout court développée par Niska : « Je n’ai pas que la musique, j’ai aussi mon activité textile avec mes vêtements, explique le jeune entrepreneur. Je veux progresser, faire des fringues de plus en plus belles. »

Le réseau Booba

En une vingtaine de minutes, Niska épuise tout le champ lexical du travail et de l’effort. Les sollicitations médiatiques depuis le succès de Réseaux ? « Ça fait partie du boulot. Je fais le job. » Les concerts à venir ? « C’est sûr qu’un show case, c’est plus simple. Mais j’ai envie de bosser pour pouvoir faire de vrais concerts. Ça me permettra de toucher mon public jeune qui ne peut pas aller en club à trois heures du matin. »

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Niska se retrouve ainsi dans la droite ligne de la philosophie du travail prônée, entre autres, par Booba et les artistes de son label. Dont Damso. « Avec Booba, on s’est très vite entendus parce qu’on a la même façon de fonctionner : le travail. Le travail avant tout », nous expliquait le rappeur belge il y a quelques mois. Niska aussi partage avec Booba, invité pour un featuring sur son album, « des affinités, un état d’esprit. »

Histoire d’amour avec le PSG

Ce goût pour le travail acharné, « ça vient de mon éducation, mes fréquentations, assure Niska. Je suis quelqu’un de sérieux. » Mais le succès de Réseaux est aussi, en partie, un coup de chance. Tout juste débarqué à Paris comme nouveau joueur du PSG, la star mondiale Neymar s’est filmée sur son compte Instagram à danser sur le morceau de Niska.

Ce n’était pas la première fois que Niska et PSG étaient associés. Il y a deux ans, Niska avait sortiun morceau en hommage à Matuidi, autre joueur parisien, incarnation de « l’esprit charognard, qui ne lâche jamais rien » selon Niska. Le joueur a été flatté et a adopté le mouvement de danse du clip pour célébrer ses buts. Célébration dont s’emparera d’ailleurs Neymar au soir de son premier match au Parc des princes, lors de son tout premier but.

Horizon Samba 

Niska, rappeur du PSG ? « Je suis supporter du PSG donc ça me va plutôt bien comme définition… » Et tant pis si certains n’appréciant pas l’hégémonie du club pourraient coller à Niska l’étiquette d’arriviste. « C’est quoi le problème avec la philosophie du PSG ? C’est mal de vouloir être le meilleur ? C’est mal de vouloir tout gagner en s’en donnant les moyens ? Moi ça me va plutôt bien. »

Mieux, Niska envisage sans souci de faire un nouveau morceau en lien avec le PSG, peut-être en ciblant l’effectif brésilien : Neymar, Lucas, Dani Alves… « Je me suis renseigné sur la musique brésilienne, je commence à bien connaître. J’ai bien aimé Bum Bum Tam Tam… »

Toujours sale

Mais que les fans de la première heure ne s’inquiètent pas. Succès ou pas, sur Commando, Niska garde « la même ligne directrice : le sale. Je suis toujours dans de la trap ambiancante. Je garde la même musicalité. » D’ailleurs l’album a été terminé avant le succès XXL de Réseaux.

« Je ne vais pas changer ma façon de bosser en fonction de ça. Pour être honnête, ce succès, je ne l’avais pas vu venir, pas avec cette ampleur en tout cas. Stratégiquement, ce ne serait pas bon de vouloir reproduire ça de façon artificielle. Je veux réussir grâce à mon travail, et rien d’autre. »

Pourquoi « Niska » ?

« Je me suis trouvé mon pseudo vers 13 ou 14 ans. Au début c’était pour rigoler mais aujourd’hui je sais que c’est important, c’est comme une marque. Mon prénom c’est Stany. Ça donnait Nysta en verlan mais je trouvais ça trop soft alors j’ai mis un "k". »