Jeux vidéo: «Ni no Kuni 2», moins de Ghibli et plus d’action

JEUX VIDEO L’éditeur Bandai Namco présentait mercredi ses nouveautés à la presse, avant le Tokyo Game Show…

Mathias Cena

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«Ni no Kuni 2».
«Ni no Kuni 2». — Level-5/Bandai Namco

De notre correspondant au Japon,

Le premier Ni no Kuni avait de quoi faire rêver : sorti en 2011 au Japon, ce RPG nippon pour PS3 était le fruit de l’improbable collaboration d’un géant de l’animation - le Studio Ghibli - et d’un grand du jeu vidéo – Level-5. La rencontre entre le créateur de Nausicaa et du Voyage de Chihiro et le développeur de Professeur Layton et de Dragon Quest 9 (et plus tard de Yo-Kai Watch) tenait ses promesses : un univers féerique, des séquences animées magnifiques, une réalisation aux petits oignons.

Mais à sa sortie internationale en 2013, le jeu a parfois rebuté les publics occidentaux, pas toujours habitués à l’austérité des combats en tour-par-tour d’un RPG traditionnel ou à passer 50 % de leur temps de jeu à naviguer dans des menus. D’autres ont passé leur chemin à cause de l’histoire résolument enfantine de Ni no Kuni.

Sans Ghibli mais…

Six ans plus tard, le studio Level-5, basé à Fukuoka dans le sud du Japon, rouvre le grimoire et ressort ses chaudrons pour cuisiner une nouvelle fois la recette magique : le résultat, qui doit s’appeler Ni no Kuni 2 : L’avènement d’un nouveau royaume, sortira en janvier 2018.

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La formule a cependant dû être adaptée : le studio Ghibli, marqué par les multiples retraites de son co-fondateur Hayao Miyazaki, a livré son dernier long-métrage Souvenirs de Marnie en 2014, et ses effectifs se sont dispersés. Mais les ingrédients principaux seront bien réunis : Akihiro Hino, le patron de Level-5 qui supervise de près la préparation, a rappelé Yoshiyuki Momose, animateur vétéran de Ghibli chargé du design des personnages du premier volet, et Joe Hisaishi, le musicien star qui a composé les bandes originales de la plupart des films de Hayao Miyazaki (et de beaucoup de ceux de Takeshi Kitano). Au passage, Ni no Kuni 2 troquera malheureusement les scènes animées de son prédécesseur pour des images de synthèse.

Un « RPG mondial » qui vise les joueurs occidentaux

Si l’essence est toujours là, Akihiro Hino a tenu à faire évoluer la formule, avec le but avoué de séduire les joueurs occidentaux. Finis les longs mois d’attente : le jeu sortira simultanément en Asie, en Europe et aux Etats-Unis. Exit le tour-par-tour, les affrontements avec le riche bestiaire du jeu seront plus dynamiques grâce à un nouveau système qui place le personnage principal au centre du combat. Même « au Japon, la tendance à rentrer des commandes et à laisser les personnages faire le travail tactique lors d’un combat a un peu vieilli », confiait récemment au site Polygon, le PDG de Level-5, qui espère faire coup double en continuant à séduire le public nippon.

L’histoire, promet-on, séduira enfants comme adultes grâce « à l’ajout d’un personnage de 42 ans » - les joueurs jugeront. « On a vraiment cherché à créer un "RPG mondial" capable de séduire tous les âges et toutes les nationalités », insiste Shin Noda, qui a suivi le développement pour l’éditeur Bandai Namco.

En prime, deux nouveaux modes « royaume » et « escarmouche » permettront de construire sa propre ville dans le jeu en attirant des habitants pour l’un et d’affronter des troupes ennemies sur un champ de bataille comme dans un jeu de stratégie tactique. Ces deux modes seront liés à l’aventure principale, assure Shin Noda, rendant la potion plus riche. On saura en janvier si elle est digeste par tous.