Etrange Festival: «Les Bonnes Manières» et «La Lune de Jupiter» s'imposent au palmarès

CINEMA Le palmarès de la 23e édition du festival consacré au cinéma de genre a été dévoilé ce dimanche, au Forum des images à Paris...

Fabien Randanne

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Marjorie Estiano et Isabél Zuaa dans «Les Bonnes Manières».
Marjorie Estiano et Isabél Zuaa dans «Les Bonnes Manières». — Good Fortune Films

Une étudiante norvégienne aux curieux pouvoirs, une conductrice de taxi autrichienne qui castagne sévère, une desperate housewife américaine se comportant comme un chien, des employés de morgue philippins sans scrupule… La 23e édition deL’Etrange Festival qui a pris fin dimanche au Forum des images (Paris 1er) a une nouvelle fois permis aux cinéphages de faire un tour du monde du fantastique, de l’horreur et de la bizarrerie sur grand écran.

Côté compétition, le grand prix Nouveau genre, décerné en partenariat avec Canal + Cinéma, a été attribué à La Lune de Jupiter. Ce film du Hongrois Kornél Mundruczó figurait dans la compétition officielle du dernier Festival de Cannes – d’où il est reparti bredouille. Il raconte l’histoire d’un réfugié syrien doté de pouvoirs de lévitation…

Le public de L’Etrange Festival a quant à lui porté ses suffrages vers Les Bonnes Manières, fable fantastique brésilienne réalisée par Juliana Rojas et Marco Dutra. Ce film délicat, qui revisite une créature culte du cinéma horrifique (on n’en dira pas plus pour ne pas spoiler), se pare de résonances sociales pour évoquer en filigranes la violence de classe et la marginalité.

Emotions fortes

Côté courts-métrages, Other People’s Heads de l’Américain Stephen Winterhalter repart avec le grand prix Canal + et Un ciel bleu presque parfait du Français Quarxx a reçu le prix du public.

De ces onze jours de festival, on retiendra les émotions fortes offertes par The Villainess, thriller coréen aux scènes d’action à couper le souffle – présenté hors compétition, il sortira directement en DVD en février – et Les Garçons sauvages, premier long-métrage du français Bertrand Mandico. Cette histoire qui fait se rencontrer les univers de Robinson Crusoé et de Pink Narcissus brouille les frontières entre les identités de genre et les orientations sexuelles pour une œuvre poétique à la sensualité affirmée. Les garçons du titre sont incarnés par des actrices, ce qui ajoute au trouble caressant le regard du public. L’Etrange Festival n’a pas failli à son nom.