Etrange Festival: Cinq films qui vont vous en mettre plein les yeux

CINEMA A mi-parcours de la 23e édition de l’Etrange Festival qui prendra fin dimanche au Forum des images, à Paris, passage en revue de cinq œuvres qui valent le coup d’œil…

Fabien Randanne

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Image extraite du film «Kuso».
Image extraite du film «Kuso». — Sundance Institute
  • La 23e édition de l’Etrange Festival s’est ouvert le 6 septembre et se poursuit jusqu’au 17 septembre, au Forum des images, à Paris.
  • Ce festival est consacré aux films fantastiques, horrifiques et plus largement aux œuvres cultivant l’étrangeté.
  • « 20 Minutes » a sélectionné cinq films particulièrement marquants.

Monstres, aliens, psychopathes et autres figures flippantes peuplent les écrans du Forum des images (Paris 1er). Rien de plus normal puisquela 23e édition de l’Etrange festival a ouvert depuis mercredi son imagier fantastique aux fans de cinéma horrifique et aux curieux en tous genres. Les shoots d’adrénaline en salles obscures sont servis jusqu’à dimanche, jour où sera dévoilé le palmarès. 20 Minutes a sélectionné, dans la foisonnante programmation, cinq œuvres particulièrement intrigantes, surprenantes, captivantes… ou perturbantes à (re) découvrir d’ici à la fin de la semaine.

 

  • Virer sa cuti avec « Les garçons sauvages »

Synopsis : Début du XXe siècle. Cinq adolescents qui ont commis un meurtre embarquent sur un navire avec un mystérieux capitaine. Ils échouent sur une île luxuriante, à la végétation étrange.

Les « garçons sauvages » sont tous incarnés par des actrices et l’expérience de visionnage en devient particulièrement troublante. D’autant plus que Bertrand Mandico, le réalisateur, ose des embardées oniriques, fantastiques, voire érotiques. Les identités de genre et les orientations sexuelles se brouillent et se confondent dans un univers à l’audace visuelle rare dans le cinéma français. Là où certains verront du ridicule, d’autres y trouveront de la poésie et les masculinistes vomiront. Séance vendredi à 19h15 (interdit aux moins de 12 ans).

  • Ne pas voir passer le temps avec « A Day »

Synopsis : Un célèbre médecin est témoin d’un accident de voiture. Il porte les premiers secours au conducteur et finit par découvrir que sa fille fait partie des victimes. A peine en prend-il conscience qu’il se retrouve pris dans une boucle temporelle qui lui fera revivre cette journée. Il fait alors tout pour sauver son enfant.

A Day, c’est Un jour sans fin version thriller coréen. Au milieu du reste de la programmation de l’Etrange festival, il se révèle plutôt timide niveau bizarreries mais son scénario est d’une redoutable efficacité, avec un vrai sens du rythme. Le mélodrame s’immisce dans la dernière partie et s’amalgame avec l’action pure. Un cocktail dont le cinéma du pays du matin calme maîtrise la recette comme personne (Old Boy, Dernier train pour Busan…). Séance mercredi à 17h45 en version originale sous-titrée en anglais.

  • Eviter le vomito avec « Kuso »

Synopsis : Los Angeles a été décimée par un tremblement de terre. On suit les destins d’une poignée de survivants à travers une sorte de zapping complètement barré.

« Une séance précieuse et brutale (…) qui devrait entraîner des réactions aussi diverses qu’épidermiques », prévient le programme. La promesse est tenue ! Kuso est un parfait moyen de mesurer son degré de tolérance, voire de résistance, à un film à sketch punk dont chaque scène semble chercher à réinventer la définition de « dégueulasse ». Difficile de dire si l’ensemble confine au génie ou à la bêtise pure (on oscille sans cesse entre les deux impressions), mais c’est un peu comme si l’esprit bête et méchant d’Hara-Kiri avait traversé l’Atlantique entre deux séquences collages rappelant L’œil du cyclone (émission culte de Canal + que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître). Allergique à l’humour scatologique et flippés des pustules, passez votre chemin ! Séance samedi à 22h (interdit aux moins de 16 ans).

  • Bien éduquer son petit monstre avec « Les Bonnes manières »

Le pitch : Ana, jeune femme aisée, embauche Clara, une infirmière, pour l’assister lors de ses dernières semaines de grossesse avant qu’elle devienne la nounou de son enfant. La cohabitation entre les deux femmes commence à peine qu’Ana adopte un comportement étrange à la nuit tombée.

Ce conte fantastique venu du Brésil ripoline la mythologie d’une des créatures cultes du cinéma horrifique (on n’en dira pas plus pour préserver la surprise). Même s’il tire parfois en longueur – il dure 2h15 – Les Bonnes manières séduit par son angoisse diffuse, ses petits traits d’humour et l’émotion émanant de la relation mère – fils. Le film se pare d’une dimension sociale dans sa manière de traiter en filigrane de la violence de classe, et politique, dans une lecture métaphorique sur la difficulté de trouver sa place en vivant dans la marge. Séance vendredi à 16h45 (interdit aux moins de 12 ans).

Jouer les durs à queer avec « 30 Years of Adonis »

Le pitch : Des tranches de vie de Yang Ke, un jeune gay chinois, qui découvre le monde de la prostitution et de la pornographie.

L’une des raisons d’être de l’Etrange festival est de donner à voir sur grand écran des films qui ne repasseront sans doute pas de sitôt dans les salles obscures françaises. 30 Years of Adonis est de ceux-là. Dans un montage kaléidoscopique présentant différents âges de la vie de son héros, s’entrechoquent homo-érotisme et métaphysique, amour et violence, fétichisme et fulgurances esthétiques. Dit comme cela, ça sonne très cérébral, or, le mieux est de se laisser happer par la force des images et de ressentir l’émotion et la beauté (ou l’horreur) qui s’en échappent. Une expérience qui n’est pas pour tous les regards, mais qui s’imprimera dans les rétines qui ne se mettent pas d’œillères. Séance dimanche à 19 h15 en version originale sous-titrée en anglais (interdit aux moins de 16 ans).