#20MINUIT. Ça se passe où, quand et comment pour faire la teuf aujourd’hui ?

DANCEFLOOR Qui tire les ficelles de la nuit parisienne ?...

Laure Beaudonnet

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Qui embrouille qui? La station gare des Mines
Qui embrouille qui? La station gare des Mines — JACOB KHRIST
  • Moins snob que dans les années 1980, la nuit parisienne est désormais aux mains d’une multitude d’acteurs.
  • Quelques gros organisateurs de soirées et programmateurs de lieux dessinent malgré tout la tendance.
  • Plus éclaté sur le territoire francilien et plus ouvert sur le plan esthétique, le parcours du fêtard parisien est désormais très copieux.

20 Minutes est partenaire de la Conférence nationale de la vie nocturne qui se tient à Paris, jeudi et vendredi. A cette occasion, nous avons décidé de nous intéresser aux activités, pratiques, modes de consommation liés à la nuit.

Paris n’a plus à rougir de sa nuit. Portée par une nouvelle génération d’artistes, de labels, la fête n’a qu’un mot d’ordre : l’esthétique. L’époque du Palace, de Castel et Régine, ses figures tutélaires, ses VIP et ses videurs est révolue et c’est tant mieux. Fini le snobisme des soirées sélectes, la teuf se fait dans des clubs, des squats et des garages.

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Depuis cinq ou six ans (et la fameuse pétition « Quand la nuit parisienne meurt en silence »), les fêtes électroniques transpirent la vie et la créativité. Elles sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus belles. Alors, à quoi ressemble le yolo en 2017 et qui tire les ficelles de la nuit parisienne ?

Qui sont les nouveaux rois de la nuit ?

Les rois de la nuit ne sont pas ceux qu’on imagine, ils n’ont plus le même visage. La fête est partout, en centre-ville aussi bien qu’en banlieue. Le cool aussi. D’un côté de l’échiquier, l’offre classique, tenue par des businessmen comme Lionel Bensemoun (Le Baron, La Nuba, La Mano) ou Laurent de Gourcuff qui a créé un petit empire (Zig Zag, la Clairière, le Yoyo, le Raspoutine…). De l’autre, sévit une scène alternative portée par des collectifs (Microclimat, Soukmachines, Alter Paname, 75021, Bon Esprit, BP, Ligne 15…) qui organisent des méga teufs ultra créatives et innovantes.

Le roi de la nuit, finalement, c’est le fêtard. C’est lui qui donne de la vie, de l’énergie. A la Concrete, on croise aussi bien des VIP, des amateurs de techno, que de simples teufeurs. Toutes les catégories sociales se mélangent, car on se retrouve autour de la musique. « On peut commencer dans un bar avec un DJ, enchaîner avec la Concrete et finir au Génie d’Alex, sous le pont Alexandre III, par exemple », lance Jean-Paul Deniaud, rédacteur en chef de Trax qui publie 20 ans de musiques électroniques (Hachette) en novembre. Pas la peine de chercher midi à quatorze heures, le vrai souverain, c’est le public.

Ça se passe où concrètement ?

La nuit, le jour, la fête ne s’arrête jamais, il y a autant d’offres que de tribus. « Aurélien Dubois (Concrete, Weather Festival) a réussi à fédérer le milieu des nuits parisiennes. Il a instauré un rapport de confiance avec les pouvoirs publics », rappelle Jacob Khrist*, photographe qui documente depuis une dizaine d’années la vie nocturne de la capitale*. Le succès de la Concrete et ensuite du Weather a développé l’attrait pour les musiques électroniques. Paris n’aurait plus rien à envier à Berlin.

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Il y a quand même des clubs vedettes (le Rex, La Machine du Moulin Rouge, Nuits Fauves…) et des soirées alternatives stars… « Pour faire découvrir à quelqu’un la nuit parisienne, je conseillerais une Concrete, une soirée Péripate au Génie d’Alex, une après-midi avec le Camion Bazar au 6B, un open Barbecue à la halle Papin et une after au musée Guimet (un live de Renart est prévu le 14 octobre) », propose Jean-Paul Deniaud. « Si on suit le Camion Bazar, Benedetta et Romain Play, ces derniers mois, on voit où les choses se passent », surenchérit Jacob Khrist. Un bus magique qui transporte une scène déjantée un peu partout en France.

On écoute quoi ?

Pour dire les choses franchement, ceux qui n’aiment pas remuer sur les musiques électroniques vont avoir du mal à se faire plaisir dans la capitale. Et si les soirées sont ouvertes à tous, un snobisme esthétique subsiste. Il n’y a plus de carré VIP, on vient pour danser. « Certaines musiques n’ont plus droit de citer dans ces lieux-là, la petite musique très anglo-saxonne aura du mal à pénétrer », concède Jean-Paul Deniaud. On passe d’une électro colorée à de la house, de la techno, de la drum’n’bass… On communie avec le son, en gros.

* Une installation visuelle et sonore de Jacob Khrist aura lieu au Red Bull Music Academy Festival (du 25 au 30 septembre)