«American Horror Story Cult», épisode 1: L'élection de Trump plonge l'Amérique dans la peur

SERIE Le premier épisode de la saison 7 de « American Horror Story » a été diffusé mardi outre-Atlantique. Il y est question de l’élection présidentielle et de clowns flippants…

Fabien Randanne

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Image promo de la saison 7 de la série
Image promo de la saison 7 de la série — FX

L’article parle des principales thématiques du premier épisode et évoque certaines scènes sans révéler leur teneur en intégralité. Il est cependant recommandé aux allergiques aux spoilers de ne pas lire ce qui suit.

Donald Trump, le croque-mitaine. La saison 7 d’American Horror Story, sous-titrée « Cult » (« la secte ») lancée mardi outre-Atlantique sur la chaîne FX attaque de front l’actualité. Le premier épisode s’ouvre sur un montage d’images des campagnes des candidats Clinton et Trump et atterrit dans le salon d’un couple de femmes, Ivy et Ally, le 8 novembre 2016. Ce soir-là, face à la télévision annonçant la victoire du milliardaire républicain, la seconde laisse échapper un cri d’angoisse. Dans la petite assemblée, qui s’attendait à une victoire de la démocrate, c’est la stupéfaction.

Kai, de son côté, jubile. Non pas tant par conviction que par la promesse du chaos qui se profile, comme si cette victoire lui permettait de laisser filer ses bas instincts au grand jour. « Les humains aiment la peur plus que tout, plus que leurs enfants, même », assènera le jeune homme aux cheveux bleus dans une longue tirade. « La peur est une monnaie, elle a de la valeur » et la somme en serait « aussi haute que la Trump Tower ».

L’attaque des clowns

Les phobies qu’Ally pensait avoir réussi à refouler remontent instantanément à la surface. Notamment sa peur des clowns (dont Donald Trump serait un avatar ?). Sa virée nocturne dans un supermarché désert, se transformera en calvaire au cours duquel elle verra apparaître des êtres grimés et grimaçants au détour de chaque rayon. Un mirage ? Peut-être pas, car d’autres personnages observeront plus tard ces mêmes clowns lubriques et menaçants. A moins que l’hallucination soit collective…

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Car, plutôt que de se limiter au brûlot anti-Trump, le scénario semble s’intéresser davantage à la psychose et aux angoisses qui paralysent les personnages au moment où ils devraient garder leur esprit en alerte pour éviter de voir leurs peurs se concrétiser. Un écho à la célèbre phrase d’un ex-président, Franklin Delano Roosevelt : « La seule chose que nous ayons à craindre est la crainte elle-même. »

Exorcisme collectif

American Horror Story - Cult met chacun face à ses responsabilités et à ses paradoxes. On apprend un peu plus tard que si Ally n’a pas voté pour le républicain, elle n’a pas davantage accordé son suffrage à Hillary Clinton. « Mais pourquoi CNN ne nous a-t-il pas prévenus que Trump pouvait être élu ! », a-t-elle préféré accuser comme pour se dégager de toute responsabilité. Dans le supermarché, un caissier revêt une casquette siglée « Make America Great Again ». Un geste anecdotique, sauf si l’on reconnaît dans le rôle l’acteur trans Chaz Bono. Une manière de rappeler, en filigrane, que le nouveau président a aussi été élu avec le soutien de personnes dont il met les droits en péril.

A en juger par ce premier épisode, cette saison s’annonce politique, comme aucune autre auparavant. Elle semble prête à sonder les psychés perturbées de ses contemporains à l’heure des fake news, de la montée des extrémismes et de la haine décomplexée (deux scènes montrent l’homophobie et la xénophobie s’exprimer en pleine rue). La série n’a jamais aussi bien porté son titre puisqu’il s’agit bien d’une horrifique histoire américaine. Et chaque épisode pourrait bien s’imposer comme une séance hebdomadaire d’exorcisme collectif.