Vidéo. «Density»: Découvrez les premières pages de la série d'anticipation de Lewis Trondheim

BD Les éditions Delcourt et « 20 Minutes » vous présentent une nouvelle série d’anticipation qui revisite le mythe du « passe-muraille »…

Olivier Mimran

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Extrait de la série BD Density
Extrait de la série BD Density — © L. TRONDHEIM, STAN, VINCE & DELCOURT 2017

On sait que le Grand Prix du festival de la BD d’Angoulême 2006 a une imagination débordante, mais on se demande où il va chercher une telle énergie : rien que cette année, il a cosigné les huit épisodes d’une série de SF collective et ressuscité Lapinot, son héros fétiche.

Comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’il s’apprête à publier le premier volume de Density, une série d’anticipation inventive (et super-rigolote) dessinée par ses copains Stan & Vince. À 20 Minutes, on a a-do-ré. Et on vous propose de vous régaler des premières pages du tome 1 afin de vous faire une opinion…


Trépidant, non ? Il faut dire que ce qui arrive à Chloé - voler, en modifiant sa densité moléculaire - est un des fantasmes les plus partagés au monde. Et Lewis Trondheim n’échappe pas à la règle : « Comme beaucoup, je rêve parfois que je vole, ou plutôt que je plane légèrement. Pour cette série, je me suis demandé ce qu’il se passerait si on pouvait modifier sa densité ? Parce que logiquement, si on était en densité très lourde, il serait impossible de bouger, et en très légère, on serait incapable d’attraper quoi que ce soit. »
 


Un paradoxe qu’exploite à merveille - mais on ne détaille pas pour ne rien spoiler - le cofondateur de la maison d’édition L’Association : « J’aime bien l’idée d’adjoindre toujours à un super-pouvoir une sorte de défaut, de kryptonite. En plus, dans cet album, l’héroïne doit sauver la planète avec ces simples éléments modificateurs et ça permet plein de retournements de situation. »
 


"Une héroïne qui n'en a pas l'étoffe"

Même s’il regorge de scènes d’action, ce premier volume est avant tout une « mise en bouche » dans laquelle Chloé, le personnage central, découvre ses nouveaux pouvoirs « et essaie de les maitriser, souligne l’auteur. Son frère essaye tant bien que mal de l’entrainer, mais on se rend compte qu’elle n’a a priori pas l’étoffe d’une héroïne. D’ailleurs, ce super pouvoir ne lui était même pas destiné à la base (un alien le destinait au frangin super-geek de Chloé, mais il a loupé son tir). Mais elle va bien devoir faire avec… »

 


une histoire de copains

Alternant - c’est la marque de fabrique du sieur Trondheim - les scènes d’action et les séquences dialoguées pleines d’humour, « Density » bénéficie de l’incroyable talent graphique des compères Stan & Vince, dont la souplesse du trait confère une vie incroyable au récit.

Lorsqu’on lui demande pourquoi s’il a fait appel à eux parce qu’ils dessinent super bien les filles pulpeuses et les extra-terrestres, Trondheim répond facétieusement : « d’une part, oui. mais aussi parce que cela fait 25 ans que l’on se connaît et que l’on voulait travailler ensemble. Et à eux deux, ils ont le QI d’un enfant de 8 ans. Alors que moi, j’ai ce QI tout seul. »
 


Prévue pour totaliser trois volumes, qui sortiront selon une fréquence semestrielle, la série n’est pas sans rappeler « Passe-muraille », une nouvelle fantastique de Marcel Aymé dans laquelle le héros avait, lui aussi - mais pour d’autres raisons -, la faculté de traverser les murs.

Lewis Trondheim ne nie pas s’en être vaguement inspiré : « Mais surtout de la version filmée avec Bourvil (réalisée par Jean Boyer en 1950). Enfant, j’avais beaucoup aimé, même si j’avais été choqué qu’il n’y ait pas de happy end ». « Density » en aura-t-elle une ? Ah zut, on ne le découvrira pas avant un an. Argh ! L’attente risque d’être longue.

 

Density tome 01, de Lewis Trondheim, Stan & Vince - éditions Delcourt - 15,50 euros
En vente le 13 septembre 2017