VIDEO. Mort de Pierre Bergé: La France perd un «Grand mécène des arts et de la culture»

DISPARITION Collectionneur et amoureux de musique, littérature et peinture, Pierre Bergé avait été nommé « Grand mécène des arts et de la culture » en 2001…

Claire Barrois

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Pierre Bergé (à droite), avec Catherine Deneuve et Jean-Paul Gauthier le 26 janvier 2017.
Pierre Bergé (à droite), avec Catherine Deneuve et Jean-Paul Gauthier le 26 janvier 2017. — Swan Gallet/WWD/Shutter/SIPA

Connu pour être un grand patron de médias ou encore un homme engagé dans la lutte contre le Sida, Pierre Bergé, décédé ce vendredi 8 septembre à 86 ans, était également un grand mécène et collectionneur. Créateur de la Fondation Yves Saint Laurent, ancien président de l' Opéra national de Paris (de 1988 à 1994), il finançait également quatre prix littéraires. Pour toutes ces raisons, il avait été nommé en 2001 « Grand mécène des arts et de la culture », une distinction accordée par le ministère de la culture.

  • La mode

Pierre Bergé a créé la Fondation Yves Saint Laurent devenue Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, reconnue d’utilité publique en 2002. Située dans les anciens locaux de la maison Yves Saint Laurent, avenue Marceau à Paris, avec une annexe à Marrakech dans l’ancien atelier du peintre Jacques Majorelle, l’institution conserve 5.000 vêtements de haute couture, 15.000 accessoires et environ 50.000 dessins d' Yves Saint Laurent. Elle organise des expositions temporaires consacrées à d’autres artistes et soutient des actions culturelles et éducatives.

  • La littérature

A son arrivée à Paris à 18 ans (en 1948), il devient courtier en livres rares. Une passion qu’il a traduite par une bibliothèque impressionnante. En décembre 2015, il en vend une grande partie aux enchères et en tire 11,6 millions. Une deuxième, un an plus tard, a rapporté 5 millions. Mais il a aussi profité de cette vente pour offrir à la Bibliothèque nationale de France le manuscrit de Nadja, livre d’André Breton. Son amour pour les lettres s’est concrétisé par le financement de quatre prix littéraires à la fin de sa vie : Le prix Décembre (30.000 euros), le prix Marguerite Duras (15.000 euros), le prix Jean Giono (10.000 euros) et le prix Pierre Mac Orlan (5.000 euros). Il était titulaire du droit moral de ce dernier, ainsi que de Jean Cocteau, dont il avait racheté, restauré et ouvert au public (pour un coût estimé à 4,5 millions d’euros) la maison de Milly-la-Forêt (Essonne).

  • La peinture

Avec Yves Saint Laurent, Pierre Bergé a aussi collectionné l’art plastique. A la mort de son compagnon, en 2008, il a décidé de vendre aux enchères les quelque 732 pièces que le couple avait réunies. En février 2009, elles ont rassemblé 20.000 visiteurs au Grand Palais, venus voir les œuvres avant leur dispersion. La somme récoltée grâce à cette vente, 373,5 millions d’euros, a servi en partie à doter sa fondation, mais aussi à financer la recherche médicale. Pierre Bergé a également financé la rénovation d’une salle du centre Pompidou et fait des dons au musée d’Orsay et au musée du Louvre.

  • La musique

Elevé dans une famille modeste, mais mélomane, Pierre Bergé a toujours voulu partager cette chance avec d’autres. Lorsqu’il était président de l’Opéra national de Paris (de 1988 à 1994), il achetait des billets qu’il distribuait aux enfants de milieux défavorisés.