Journées du patrimoine: Qui veut visiter les stations de Vélib' désaffectées?

ELECTION A l'occasion des Journées européennes du patrimoine, «20 Minutes» vous propose de voter pour les monuments que nous pourrions visiter dans le futur...

Claire Barrois
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Une station de Vélib' à Paris.
Une station de Vélib' à Paris. — Superstock / Sipa
  • A l'occasion des Journées européennes du Patrimoine, les 16 et 17 septembre, «20 Minutes» s'est intéressé à ce qui constituait notre patrimoine.
  • Nous avons sélectionné quatre monuments qui ne sont pas encore reconnus comme tels.
  • Nous présenterons le monument qui recevra le plus de suffrages à la direction générale des patrimoines.
  • Nous vous proposons de voter pour celui qui, à vos yeux, aurait sa place dans les visites incontournables des années à venir.

Vous le savez déjà, les 1.200 stations de Vélib' telles qu’on les connaît ne seront bientôt plus en service. Mais vont-elles totalement disparaître de la circulation ? Au contraire, elles pourraient devenir des symboles de Paris, un peu comme les bouches d’entrée de métro Art Nouveau. Alors, Patrick Jouin, le designer des stations de Vélib', est-il le nouvel Hector Guimard ? Rien n’est moins sûr.

Le Vélib', voué à être oublié ?

Car, depuis quelques années, l’architecture n’est plus vouée à durer. « Tout ce qui existe maintenant comme architecture d’intérieure et design est devenu périssable, constate Patrick Jouin. Par exemple, j’ai déjà refait quatre fois le Plaza Athénée. C’est lié à la pression économique, à la compétition : pour être désirable, il faut être nouveau. Quand le décor devient ringard et dangereux pour le commerce, on le remplace. » Mais alors, va-t-on oublier jusqu’à l’existence du Vélib' ?

Il y a peu de chance. Déjà, parce qu’un exemplaire de la fameuse station qui a envahi les rues de la capitale il y a dix ans est conservé dans la collection permanente du Centre Pompidou depuis 2007. Et parce que ces stations ont été dessinées spécifiquement pour Paris, « dans une continuité historique du mobilier urbain parisien, assure Patrick Jouin. Le but était de lier l’esthétique du mobilier avec le végétal comme Guimard, avec les stations de métro, ou Alphand, avec les lampadaires, avant moi. »

Une création révolutionnaire

En dehors de cet ADN végétal - la borne rappelle un tronc, un arbre dont on aurait coupé les branches -, la station Vélib' a sa place dans le patrimoine parce que Paris est la deuxième ville après Lyon (La Rochelle avait fait un essai dans les années 1970) où le système des vélos en libre-service a été mis en place. « Paris a été la première capitale mondiale à disposer de ce système, souligne Patrick Jouin. Il découle d’une prise de conscience qui bouleverse la manière de penser la ville. Cela n’avait jamais été fait à cette échelle. »

Car pour le designer, l’arrivée du Vélib' à Paris dépasse la simple introduction d’un nouveau mode de transport : « Ça a introduit un nouveau mode de déplacement dans la ville : des millions de personnes font du vélo, ça a obligé tout le monde à s’adapter. Et si le projet est reconduit, c’est que le système fonctionne. » Une première qui mérite de rester les annales ?