Elsa Charretier a dessiner cette cover de Star Wars Adventures
Elsa Charretier a dessiner cette cover de Star Wars Adventures — Elsa Charretier

BD

Le Comic Con Paris et «20 Minutes» lancent un concours pour dessinateurs de comics

Les candidats au prix Jeunes Talents 2017 ont jusqu'au 10 septembre pour envoyer leurs covers...

Le Comic Con Paris, en partenariat avec 20 Minutes, organise un Prix Jeunes Talents pour apprentis dessinatrices et dessinateurs. Le concours récompensera la meilleure cover sur le thème des superhéros Marvel. Les candidats (jamais publiés auparavant) ont jusqu’au 10 septembre pour envoyer leurs œuvres : une cover d’un super-héros Marvel. Les internautes de 20 Minutes seront mis à contribution pour désigner 10 finalistes qui seront ensuite départagés par un jury de professionnels présidé par Brian Michael Bendis.

Avant de vous lancer, voici les conseils de la dessinatrice française Elsa Charretier qui a lancé sa carrière aux Etats-Unis (COWL, Starfire, Harley Quinn, The Unstoppable Wasp…) : « Il n’y a pas vraiment de spécificité graphique au dessin comics. Le comic est avant tout un format, pas un genre. On le confond souvent avec la BD de super-héros. Mais même la BD américaine de super-héros n’a pas un style graphique défini. »

Portrait d'Elsa Charretier
Portrait d'Elsa Charretier - Elsa Charretier

Une fois cette mise au point effectuée, on peut entrer dans le vif du sujet. « Les dessinateurs les plus cultes ont tous des styles qui ne sont pas "typique" comics, comme on l’imagine, estime Elsa Charretier. Les comics sont devenus super populaires dans les années 1980-90, au moment où le style Jim Lee était à la mode, c’est pour ça que le comics (ou la vision la plus populaire) est si emprunt de son influence. Mais des types comme Darwyn Cooke, Mazzucchelli, Frank Miller ont des styles ultra-différents et c’est ça qui les a différenciés à l’époque, et encore maintenant. Donc s’il y a un conseil que je donnerais, c’est de ne pas essayer de copier ce qu’on imagine être du comics. Les éditeurs sont à la recherche de sang neuf, autant être soi-même. »

« C’est compliqué comme vie »

Alors que sa carrière à décoller (un peu) sur un coup du sort, Elsa Charretier explique qu’il faut être tenace pour espérer faire son trou dans le comics. « Mon premier boulot payé m’est tombé dessus par hasard. George.R. Martin a vu mon blog et… il m’a demandéd’illustrer un de ces romans graphiques. Ça m’a beaucoup apporté, la sécurité financière notamment. Je n’ai pas eu à galérer aussi longtemps que d’autres dessinateurs très doués. Avant ça, j’ai suivi la méthode un peu évidente. Il faut travailler le portfolio, beaucoup. Il faut rencontrer des gens, envoyant ses dessins et avoir un site pro pour présenter son travail. Il faut accepter la compétition et les critiques des professionnels qu’on rencontre. »

A cheval entre le comics indépendant et des comics de super-héros, Elsa Charretier fait les deux. « Oui, je m’inflige ça, rigole-t-elle. C’est compliqué comme vie, c’est pas très glamour parce que je ne fais que ça, tous les jours. Le comics US est synonyme de publications hyper rapide, parfois infernal. Faire 22 pages par mois, c’est difficile. L’endurance, c’est la clé, pour savoir durer dans le métier. » Installée en France, elle croise parfois d’autres dessinateurs de comics sur les salons et conventions comme le Comic Con : « C’est parfois déprimant de voir la qualité dingue de jeunes dessinateurs, et c’est très difficile de se faire une place. Mais il faut essayer quand même ! »