Shy'm: «"Héros", c'est une mise à nu. J'apparais plus vulnérable que j'en ai l'air»

INTERVIEW L’artiste, dont le nouvel album sort ce vendredi, a parlé à « 20 Minutes » de sa rentrée chargée…

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Shy'm au concert RFM Music Show à Issy-les-Moulineaux, en juin 2017.
Shy'm au concert RFM Music Show à Issy-les-Moulineaux, en juin 2017. — SADAKA EDMOND/SIPA
  • « Héros », le sixième album studio de Shy’m sort ce vendredi 1er septembre chez Warner.
  • L’artiste a signé plusieurs textes de cet opus, dont « Héros », qu’elle a écrit comme « une confession ».
  • Shy’m présentera la prochaine saison de « Nouvelle Star » sur M6.

Nouvel album et Nouvelle Star… L’agenda de rentrée de Shy’m, alias Tamara Marthe au civil, est bien rempli. La chanteuse sort son nouvel opus studio, Héros (Warner), dont elle assure la promotion entre deux tournages du télécrochet de M6 qu’elle présente. 20 Minutes a pu la joindre ce vendredi matin. A l’heure du petit-déjeuner, l’artiste était déjà entre deux taxis…

Votre nouvel album, « Héros », sort ce vendredi matin. Vous êtes dans quel état ?

Je ressens un mélange de stress, d’excitation, d’enthousiasme. Le stress, je l’ai à chaque sortie d’album car j’ai envie de reconquérir mon public – je vais parfois dans des directions musicales différentes qui risquent de le déstabiliser - et de l’élargir à de nouvelles personnes. Mais c’est aussi grisant, j’ai hâte de savoir ce que les gens vont en penser, d’avoir les premiers retours critiques.

Vous faites de la chanson, de la danse et vous allez présenter « Nouvelle Star ». Dans les pays anglo-saxons, qu’un artiste soit polyvalent est très courant. En France, où on a tendance à apposer des étiquettes, c’est moins évident. Cela a été facile pour vous d’aborder tous ces projets simultanément ou vous avez dû batailler pour vous imposer ?

Je n’ai jamais eu besoin de batailler pour quoi que ce soit. J’ai toujours fait les choses à point nommé, quand j’en ressentais une envie naturelle et en fonction des propositions. La présentation de Nouvelle Star, par exemple, c’est arrivé au bon moment. Aujourd’hui, je me sens capable de le faire, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Je suis une passionnée en général. Je pense aussi au théâtre ou au cinéma, j’en ferai peut-être quand ce sera le moment.

Vous avez signé plusieurs textes de l’album alors qu’il y a encore quelques années, vous disiez à nos confrères de Charts in France ne pas « avoir un talent inné pour ça », que vous n’aviez « pas envie de le faire par crédibilité, ni pour l’argent » et que vous le feriez « quand ça viendra naturellement »…

J’ai peut-être débloqué ce complexe que j’ai eu pendant longtemps, mais je ne saurais pas dire quel a été le déclic. La création est venue sans douleur, sans que je le provoque. Cela s’est fait comme ça, j’ai commencé à écrire. Et c’est vrai que quand j’ai essayé de le faire par le passé, ça ne s’était pas passé comme ça.

Dans le refrain de « Héros » vous chantez : « Je suis pas un héros. Haute en couleur pour me cacher, ma peur au ventre à déguiser. (…) Juste ce qu’il faut d’ego pour croire en moi et continuer de m’accrocher à ce que j’ai ». Cela reflète ce que vous ressentez profondément ?

Oui, c’est une confession, une mise à nu. J’apparais plus vulnérable que j’en ai l’air. Je sais que les gens peuvent avoir de moi une image glacée, sulfureuse. Or, derrière ça, il y a une artiste, une femme. Je reste humaine et je ne me reconnais pas dans tout ce que j’entends dire sur moi.

Le paradoxe, c’est que ce morceau donne son titre à l’album et que sur la pochette, vous apparaissez sûre de vous, coupe à la garçonne et combi de cuir, comme une superhéroïne…

J’ai toujours aimé les paradoxes et les doubles sens. En fait, la pochette a existé en premier. Une séance photo était prévue avec Pierre et Gilles mais il n’y avait pas de tenue préétablie. On s’est arrêté sur cette combinaison de cuir. On a créé une œuvre chimérique, le titre est arrivé après. Héros s’est imposé comme une évidence.

Cette image contribue à renforcer votre statut d’icône gay. Cela vous plaît ?

Je suis forcément réjouie. Cela représente mes amis, mon entourage. Je rentre de Mykonos et j’ai pu constater que je plais à la communauté gay. Et j’en suis heureuse parce qu’on a envie de plaire à ceux qui nous plaisent.

Que diriez-vous à la Tamara/Shy’m d’il y a douze ans, alors qu’elle s’apprêtait à commencer sa carrière ?

« Ne change rien ! » Même si j’ai commencé jeune, à 19 ans, j’étais déjà sûre de ce que je voulais être ou faire. Mon éducation a été une solide colonne vertébrale. Parfois, mon parcours a été à tâtons, incertain, dans le doute, mais cela m’a incité à anticiper, à être prévoyante, à ne pas faire les choses trop vite. Avec le recul, cette timidité m’a aidé à avancer.