Journées du patrimoine: Qui veut visiter la centrale nucléaire de Fessenheim?

ELECTION A l'occasion des Journées européennes du patrimoine, «20 Minutes» vous propose de voter pour les monuments que nous pourrions visiter dans le futur...

Claire Barrois

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La centrale de nucléaire de Fessenheim est la première centrale moderne ouverte en France.
La centrale de nucléaire de Fessenheim est la première centrale moderne ouverte en France. — M.ASTAR/SIPA
  • A l'occasion des Journées européennes du Patrimoine, les 16 et 17 septembre, «20 Minutes» s'est intéressé à ce qui constituait notre patrimoine.
  • Nous avons sélectionné quatre monuments qui ne sont pas encore reconnus comme tels.
  • Nous présenterons le monument qui recevra le plus de suffrages à la direction générale des patrimoines.
  • Nous vous proposons de voter pour celui qui, à vos yeux, aurait sa place dans les visites incontournables des années à venir.

Les tours de refroidissement, prochaine étape incontournable des Journées européennes du Patrimoine ? A vous de voir si la centrale de Fessenheim, première centrale nucléaire moderne de France, vouée à une fermeture prochaine, ne pourrait pas devenir une attraction touristique majeure. Jacinthe Pesci, architecte qui a étudié le bâtiment, est convaincue que les visiteurs seraient charmés.

Ne riez pas, les centrales de Flamanville et Paluel ont déjà ouvert leurs portes aux curieux, nombreux, aux dernières journées du patrimoine. Et, à en croire Jacinthe Pesci, la première centrale nucléaire de France a de nombreux atouts pour donner envie d’y faire un tour. Ce pourrait être possible à partir de 2020, après sa fermeture.

« Terrifiant mais intéressant »

Sur le plan architectural, à Fessenheim, on est proche de l’intérêt zéro. « A l’époque de sa construction, EDF n’a pas pensé à faire appel à des architectes, explique Jacinthe Pesci. Donc on a laissé la construction aux mains des ingénieurs techniciens. Résultat, la centrale est un mastodonte posé dans le paysage avec des matériaux de piètre qualité. » L’intérêt est ailleurs.

Pour l’architecte, on ne voit que la partie émergée de la centrale. Silencieuse, au loin dans le paysage, la centrale donne une image d’elle un peu vieillotte, qui ne colle pas forcément à la réalité. « La centrale a un côté fascinant, remarque-t-elle. L’aspect technique est vraiment important. On reste scotché par l’importance du réacteur. A l’intérieur, c’est terrifiant mais intéressant. »

Une architecture pour les machines

L’entrée dans la centrale de Fessenheim dévoile un monde imperceptible depuis l’extérieur. Il y a des routes avec de la circulation, des bâtiments administratifs qu’on n’imagine pas… « On a l’impression que c’est un monde clos dans lequel l’humain n’est pas à sa place, assure Jacinthe Pesci. Dans le réacteur, par exemple, l’architecture a été pensée pour la machine. La porte destinée au passage des hommes paraît minuscule par rapport à celles pour les machines, énormes et circulaires. »

Selon les mots de l'architecte, on se retrouve dans « une architecture qui exclut complètement l’homme ». Et ça, ça change ! Pour Jacinthe Pesci, l’architecture des centrales nucléaires est analogue aux bunkers du mur de l’Atlantique (qu’on visite déjà d’ailleurs). « La fonction est inverse, ici le danger vient de l’intérieur de la centrale, reconnaît-elle. L’intérêt est également technologique : on peut voir ce qu’on a ajouté au fil des années pour renforcer la sécurité. »

Alors, qui en est ?